Sur les 60 milliards d'économies annoncées par Emmanuel Macron, 13,33 milliards sont toujours dans le flou

Jean-Baptiste Duval
Macron dit bien où il veut dépenser, c'est moins clair pour les économies...

ÉCONOMIE - Décrypter le programme d'Emmanuel Macron n'a jamais été facile. Et c'est encore vrai ce 2 mars, même après le grand final tant attendu et la publication de son ultime version.

Ainsi, le chiffrage est toujours loin d'être clair. Dans la colonne des dépenses, il y a bien les 50 milliards d'investissements. Là, pas de souci a priori. L'équipe du candidat a dévoilé le 24 février leur fléchage: 15 milliards pour la transition écologique, autant pour la formation, et 5 milliards pour l'agriculture, les infrastructures, la santé, et la modernisation des administrations publiques.

Mais le programme regorge aussi de mesures dont le coût est rarement évoqué. La suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français coûterait 10 milliards par an à l'Etat. L'élargissement de l'assurance-chômage aux indépendants, et aux démissionnaires? Peut-être autofinancé par le contrôle accru des chômeurs. Plafonner à 12 élèves les effectifs des 12.000 CP et CE1 en ZEP? Silence radio.

Des économies qui n'en sont pas vraiment

Et il y en a pas mal comme ça: recruter 10.000 policiers, créer 15.000 places de prisons, augmentation importante du budget de l'armée et de la recherche, un chèque Culture de 500 euros pour tous les Français de 18 ans, augmentation de 100 euros du minimum vieillesse... C'est le flou artistique.

En face, 60 milliards d'euros d'économie doivent équilibrer l'addition, pour faire baisser la dépense publique de 3 points de PIB. En théorie. Parce que dans la pratique, bien malin qui saura si l'Etat et la fonction publique subiront une cure d'amaigrissement d'ici 2022.

Voici le détail des économies telles qu'elles apparaissent dans le programme d'Emmanuel Macron:

  • 15 milliards d'euros de moins (que prévu) pour l'assurance-maladie: la plus grosse économie est un cas d'école de "baisse de la hausse tendancielle", comme disent les pros. C'est-à-dire qu'on laisse les dépenses augmenter, mais moins vite que prévu. Dans le cas de l'assurance-maladie,...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages