«5es Hurlants», dans les clous du spectacle

Libération.fr

Acrobate issue d’une famille circassienne, Raphaëlle Boitel met en scène cinq artistes dans une réflexion sur l’équilibre et la chute, qui produit de la grâce mais peu de surprise.

Le spectacle s’intitule 5es Hurlants, mais c’est surtout la BO que l’on entend, combinaison à fort volume de classique et de rock qui, une bonne heure durant, va scander les mouvements. De «hurlement» à proprement parler, en revanche, point il n’y a. Tout au plus, à l’épilogue, une sorte de cri libérateur, poussé à l’unisson par la phalange regroupée en cercle au milieu du plateau à la manière de ces équipes de foot ou de rugby soudées dans la défaite ou, comme ici, la victoire aux points, plutôt que par KO.

Burlesque. Trois garçons et deux filles forment ici l’escouade, issue de l’Académie Fratellini et soudée autour de Raphaëlle Boitel - qui y a d’ailleurs fait ses classes, au début des années 90 - par le biais de sa compagnie, l’Oublié(e). Fil, cerceau, contorsion, sangle et jonglage, le cahier des charges circassien est assez scrupuleusement respecté autant qu’élégamment maîtrisé. A cet égard, il importe de souligner l’irréprochable travail sur la lumière, parcimonieuse et précise, signé Tristan Baudoin (fidèle acolyte de Boitel, également crédité à la scéno) qui, constamment, rehausse le propos dans un espace vaste dépourvu d’afféterie.

5e Hurlants s’annonce telle une «réflexion sur l’équilibre, la chute et la persévérance». Une note d’intention, avouons-le, qui ne brille pas par son originalité et, de fait, ne prétend pas réformer la discipline. Ce qui n’interdit pas la grâce d’opérer à intervalles réguliers, de cet art consommé de l’instabilité sur un fil perché, par le biais duquel Loïc Leviel ouvre la parade sur un mode résolument burlesque, jusqu’aux envolées de Julieta Salz, Spider-Woman propulsée dans les airs par un entrelacs de filins.

Fratrie. Créée fin 2015, 5es Hurlants est la troisième mise en scène de Raphaëlle Boitel qui, une fois encore, ne manque pas de rappeler au (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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