Les 5 erreurs à ne pas commettre concernant les "gilets jaunes"

Élodie Mielczareck

1. Réduire le mouvement à "la France d'en bas" qui gagne 1600 euros par mois


Oui, le point de départ de la grogne, c'est bien la taxe sur les carburants. D'ailleurs les mots qui reviennent le plus sur les pancartes des gilets jaunes le confirment: "taxes", "pognon", "racket". La taxation est bien le point de départ, la sève des racines de la colère des gilets jaunes. Plutôt que de parler "racines", parlons même des "raisins de la colère", en référence au roman de John Steinbeck. L'histoire se déroule aux Etats-Unis, pendant la Grande Dépression, au début du krach boursier de 1929. C'est le récit d'une famille qui se retrouve dans une impasse économique et qui erre le long de la Route 66 pour trouver un avenir meilleur. Moralité du roman? L'hyper productivité de la masse fait la richesse d'un petit groupe. La réalité dépasse souvent la fiction. On se rappellera également des révoltes fiscales françaises qui ont précédé la Révolution française. Outre-atlantique, c'est la "Boston Tea Party" qui est directement à l'origine de la Révolution américaine.

Pourtant, le mouvement ne se réduit pas, comme se complaisent à le dire de nombreux éditorialistes (de Monsieur Perri à Monsieur Cohn-Bendit, en passant par BHL) à la "France d'en bas", voire du "très très bas" comme le sous-entend le site web de Slate. La France qui bouge c'est celle qui est en colère. Et cette colère rassemble, au-delà des différences de salaire. Il suffisait d'aller faire un tour ce samedi sur les Champs (encore fallait-il accepter de sortir de la chaleur des plateaux télé, du ministère ou de son petit chez soi) pour rencontrer des personnes ayant fait HEC, la Manif pour tous, des patrons de PME, des retraités, bref, aussi des gens qui gagnent plus de 1600 euros. Mais qui en ont marre.

2. Prendre les gilets jaunes pour des gogos, des beaufs, des anti-écolos


On parle souvent d'amalgame. En voici un beau, répété à l'envi dans les papiers de plusieurs journaux: les gilets jaunes, c'est des provinciaux qui...

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