5 choses à savoir sur le Guide du routard

Chaque mercredi, Yahoo vous invite à mieux connaître une entreprise. Petits secrets, anecdotes, histoires insolites, ne manquez pas l’occasion d’épater vos amis. Pour ce 96e épisode, focus sur le livre de voyage le plus vendu en France : le Guide du routard.

1 - Au départ, personne n’en voulait

C’est un livre mythique présent dans de très nombreux foyers français et qui se glisse dans presque toutes les valises lors des vacances. Que ce soit pour dénicher un restaurant, une bonne adresse ou tout simplement obtenir des informations pratiques sur le pays visité, les recommandations du Guide du routard valent de l’or. Voilà près de cinquante ans qu'il s’est imposé comme le compagnon de voyage de nombreux Français.

Le mythique guide a vu le jour au début des années 70 après un voyage à l'autre bout du monde de deux étudiants en commerce : Philippe Gloaguen et Michel Duval. Pendant ce road-trip, les deux copains sillonnent la Turquie, l’Iran, la Syrie, Israël, l’Afghanistan, le Népal ou encore les États-Unis. Objectif du périple : gagner un peu d'argent en partageant bons plans et conseils aux routards, ces jeunes voyageurs qui disposent de peu de moyens financiers.

Suite à un voyage en Inde, Philippe Gloaguen vend son carnet de voyage à Jean-François Bizot, fondateur du magazine Actuel. "J’étais le moins cher des grands reporters et je lui ai rapporté six pages qu’il a publié dans un numéro d’Actuel en 1972", se souvient Philippe Gloaguen dans un podcast diffusé sur RFI à l’occasion des 40 ans du Guide du routard. "Assez vite, il y a eu un petit engouement, des lecteurs ont écrit et téléphoné et Jean-François Bizot m’a proposé d’en faire un guide", ajoute le cofondateur de cet empire dédié au tourisme.

En confiance, Philippe Gloaguen propose son manuscrit à 19 maisons d’éditions… qui refusent toutes la proposition. "On ne peut pas à la fois éditer les mémoires du général De Gaulle et un livre pour les routiers", lâche même l’un d’entre eux. Finalement, un "minuscule éditeur" (Gedalge) accepte parce que l’on "ne lui proposait jamais de manuscrits" dixit le cofondateur. Le premier Guide du routard sort en 1973. "On avait inventé TripAdvisor 20 ans avant les Américains. Ce système a toujours fonctionné et il continue", s'amuse Philippe Gloaguen sur Europe 1. Après la faillite de Gedalge, le géant Hachette prend le relais en 1975. L’histoire d’amour entre les deux protagonistes dure désormais depuis 47 ans.

2 - Un Guide du routard vendu toutes les 8 secondes

55 millions d’exemplaires vendus en 49 ans, un exemplaire écoulé toutes les 8 secondes : le Guide du Routard règne en maître dans le monde du guide du voyage. Après une traversée du désert de deux ans à cause du Covid, le leader français est reparti de plus belle. "2,5 millions d’exemplaires sont vendus chaque année en période normale. Au cours des deux dernières années, les titres sur l’étranger ont reculé fortement et ceux sur la France ont augmenté", précise le directeur du Routard au Parisien.

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Pourtant, au moment de sa création, écrire des guides sur la France et ses régions ne faisait pas vraiment partie de la stratégie. Mais dans les années 80, le guide va s’intéresser à l’Hexagone. "On n’y croyait pas, c’était pas tout à fait notre culture, confesse Philippe Gloaguen. Premièrement, on s’est vite rendu compte que la France est le plus beau pays du monde et on ne le savait pas. Et, bizarrement, ça a été notre deuxième surprise : les guides régionaux sont de gros succès", ajoute-t-il. Si la Normandie a été le premier livre de la collection édité, celui sur la Corse est son plus grand succès hexagonal avec près de 100 000 ventes en 2013.

Un Guide du routard vendu toutes les 8 secondes (Photo by Alain DENANTES/Gamma-Rapho via Getty Images)
Un Guide du routard vendu toutes les 8 secondes (Photo by Alain DENANTES/Gamma-Rapho via Getty Images)

3 - Le guide a été boycotté au Québec et en Thaïlande

Proposer plus de 150 références à ses lecteurs sur autant de destinations, c’est aussi prendre le risque de se fâcher avec beaucoup de monde. En 1993, la maison Hachette a été obligée de retirer le célèbre guide des rayons au Québec à cause d’une remarque jugée désobligeante sur la nourriture de la Belle Province. "La gastronomie québécoise est une vraie cuisine de bûcheron à déconseiller à ceux qui entreprennent un régime, mais parfaite par temps froid : calorique, énergétique, bourrative, toujours généreuse et généralement bon marché", écrit le guide au début des années 90. L'indignation est générale puisque le terme de bûcheron est synonyme de marginal violent et violeur de l’autre côté de l’Atlantique. Après modification de l’édition, les relations se sont rapidement apaisées entre les deux parties.

Le célébrissime guide a aussi été boycotté en Thaïlande à peu près à la même période. La raison de la colère thaïlandaise ? Une critique de leurs salons de massages "très spéciaux". En Tunisie et en Chine, le guide est carrément interdit à la vente à cause d’un paragraphe sur les droits de l’homme.

Même dans son propre pays, le mythique guide n’échappe pas aux critiques. En 2016, une note sur la nuisance des avions militaires au dessus du parc du Luberon "parfois jusqu'à dix heures par jour" a mis hors de lui me maire de la Tour d’Aigues, une commune du Vaucluse. L’élu craignait une baisse de la fréquentation touristique.

4 - Le Guide du routard encourage le tourisme en Seine-Saint-Denis

"Courneuve pour les vacances, ça te tente ?", "Tu préfères une virée à Épinay-sur-Seine ou à Villetaneuse ?". Si ces deux propositions peuvent aujourd’hui prêter à sourire, ce ne sera peut-être pas le cas demain. Dans le but de toujours se renouveler pour étoffer sa collection et surprendre ses lecteurs, le Guide du routard a sorti en mars dernier une édition consacrée au "Grand Paris Nord" pour inciter les visiteurs à découvrir la Seine-Saint-Denis, un département plutôt déserté par les touristes.

L'idée est claire : démonter les stéréotypes qui collent à la peau du 93 et "attirer les visiteurs, qui ignorent tout du patrimoine local ou qui se font toute une montagne de clichés et de préjugés à l’idée de venir se balader dans ce secteur", écrit le Routard sur son site. Tiré à 25 000 exemplaires, l’ouvrage vante les atouts de neuf villes : Aubervilliers, Epinay-sur-Seine, L'Ile-Saint-Denis, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen, Stains et Villetaneuse.

Parmi les lieux incontournables à visiter aux portes de Paris, le guide recommande une balade à vélo le long du canal Saint-Denis en admirant les fresques de la Street Art Avenue, une sortie dans "l’immense parc" Georges-Valbon à La Courneuve ou encore l’indispensable visite au marché aux puces de Saint-Ouen. On lui souhaite de connaître le même succès que l’édition sur Paris sortie en 1985.

5 - Le Routard contre Michel Houellebecq

A priori, la mythique bible touristique made in France et l’écrivain Michel Houellebecq n’ont rien en commun. Et pourtant, le romancier s’en est copieusement pris au Guide du routard dans son livre "Les Particules élémentaires" paru en 1998.

À la page 57 de son roman, Houellebecq écrit : "S’il se proposait dans son principe de préparer au voyage en Thaïlande, Le guide du routard émettait en pratique les plus vives réserves et se sentait obligé, dès sa préface, de dénoncer le tourisme sexuel, cet esclavage odieux. En somme, ces routards étaient des grincheux dont l'unique objectif était de gâcher jusqu'à la dernière petite joie des touristes, qu'ils haïssaient."

Cette sortie agace profondément le cofondateur du mythique guide qui ne tarde pas à lui répondre. Dans un communiqué, il a déclare que le Guide du routard "est fier d'être contre la prostitution en Thaïlande" en précisant que dans ce pays d'Asie "les filles sont vendues", que prostituée se dit "phoung ha kin", c'est-à-dire "celles qui cherchent à manger" et que les salons de massage sont "de gigantesques foires aux esclaves."

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