5 choses à savoir sur Monoprix

Chaque mercredi, Yahoo vous invite à mieux connaître une entreprise. Petits secrets, anecdotes, histoires insolites, ne manquez pas l’occasion d’épater vos amis. Pour ce 101e épisode, intéressons-nous à une enseigne de grande distribution présente dans tous les centres-villes des moyennes et grandes villes : Monoprix.

1 - Des prix dans le très haut du panier

Ses étiquettes corsées ont fait sa réputation. Dans cette période où l’inflation pèse sur le pouvoir d’achat, ne comptez pas sur Monoprix pour s’inviter dans la guerre des prix que se livre les géants du secteur. En 2018, une vaste enquête d’UFC-Que Choisir plaçait l’enseigne reine des centres-villes à la première place du palmarès des hypermarchés et supermarchés les plus chers de l’Hexagone. "Comme de coutume, c’est Monoprix qui l’occupe avec un panier qui se monte à 437 euros. 73 euros de plus que le prix moyen du panier toutes enseignes confondues (364 euros), et 95 euros de plus que E. Leclerc !", remarquait l’Union fédérale des consommateurs. Déjà en 2014, le magazine avait décerné au Monoprix de Sceaux (Hauts-de-Seine) le titre de magasin le plus cher de France. Un an plus tard, après comparaison de près de 4 000 grandes surfaces en France, le Monoprix d’Antony (Hauts-de-Seine) lui avait succédé.

L’enseigne devenue "la coqueluche des bobos urbains" selon Challenges cultive sa différence. On ne va pas à Monoprix pour y trouver des petits prix mais pour se faire plaisir grâce à des produits que l’on ne retrouve pas forcément à Leclerc, Lidl et Carrefour. "En se positionnant sur la fraîcheur, le choix et le service, l'enseigne a su éviter la lutte perdue d'avance sur les prix face aux hypermarchés de la périphérie", résume Olivier de Panafieu, senior partner biens de consommation et grande distribution chez Roland Berger dans Challenges.

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Son emplacement au coeur des centres-villes lui permet de capter une clientèle plus aisée et moins regardante sur les prix. De quoi renforcer son image de supermarché réservé aux cadres et CSP+. Selon Capital, l’enseigne concentre 25% de part de marché dans les centres urbains contre "seulement" 2% dans tout le pays. Dans un article de 2018 intitulé "Monoprix : ses secrets pour nous faire oublier ses gros prix", Capital affirme, sondage à l’appui, que 87% des Français "ne mettent jamais les pieds chez Monoprix" à cause des tarifs pratiqués. Soit près de 9 Français sur dix tout de même.

2 - 90 ans d’existence en 2022

Ironie du destin, Monoprix, lors de sa création en 1932, était une enseigne qui avait pour philosophie de "mettre le bon et le beau à la portée de prix" au sortir de la crise économique de 1929. Si l’enseigne au losange possède une grande partie de ses magasins en Île-de-France aujourd’hui, sa première ouverture a eu lieu à Rouen, en Seine-Maritime. Cette grande aventure, qui dure maintenant depuis 90 ans, a été initiée par Max Heilbronn, figure de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale et gendre du fondateur des Galeries Lafayette. Pionnière dans de nombreux domaine, l'enseigne généraliste est par exemple la première en France à proposer à ses clients des produits issus de l’agriculture biologique dans les années 90 à une époque où cette question était loin d’être centrale dans le débat public.

Dans les années 2000, la marque Monoprix fait le pari de monter en gamme pour tenter de se différencier face à une concurrence de plus en plus féroce. Entre-temps, la marque a aussi fait main basse sur Uniprix (1985), le mythique Prisunic (1996) - ressuscité par Alain Juppé en 2016 - mais aussi Naturalia (2008) pour renforcer son positionnement bio. En 2014, le groupe Casino devient actionnaire de Monoprix à 100 %. Preuve de leur fort ancrage dans les villes, les supermarchés Monoprix sont présents dans 85% des agglomérations de plus de 50 000 habitants de l’Hexagone.

Monoprix fête ses 90 ans d'existence en 2022 (Crédit : Getty Images)
Monoprix fête ses 90 ans d'existence en 2022 (Crédit : Getty Images)

3 - La carte de l’humour sur les emballages

L’humour ne fait jamais de mal, surtout lorsqu’il s’agit de vendre ses produits, attirer un public plus jeune dans ses rayons et fédérer une communauté sur les réseaux sociaux. Vous l’avez sans doute déjà remarqué en faisant vos courses chez Monoprix, la marque se distingue par certains packagings visant à faire rire le consommateur. Mention spéciale pour sa série d’articles consacrée aux acteurs.

Chez Monoprix, Romain Duris devient "Romain du riz", les frères Coen se transforment en "frères couenne" et Catherine Deneuve se mue en "Catherine de n’oeuf". Objectif de cette refonte des emballages par l’agence Havas City en 2011 ? Déclencher l’acte d’achat en faisant rire. Pour ses travaux, l’agence a d’ailleurs reçu le Grand Prix Stratégie de la Publicité en 2011.

Même en période de confinement, Monoprix sort la carte de l’ironie. En 2020, alors que les chaînes de grande distribution sont priés d’interdire l’accès aux rayons des produits "non-essentiels", la marque créée il y a près d’un siècle raille les décisions gouvernementales. "Les vêtements pour enfants jusqu’à 3 ans sont à nouveau essentiels. Les autres sont priés d’arrêter de grandir", pouvait-on lire sur une pancarte. "Si les biberons n’étaient pas nécessaires, il fallait nous avertir de pas faire de bébés pendant le premier confinement", se moque une autre.

4 - Un jeune malvoyant rejeté d’un magasin

L’affaire avait grand bruit. Un jeune aveugle et son chien guide ont été expulsés en 2018 d’un Monoprix de Marseille. La scène, filmée en direct, avait à l’époque suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Sur la vidéo, on pouvait voir le gérant du supermarché, situé en plein centre de la cité phocéenne, bloquer l’accès au jeune homme et son chien guide pour des questions "d'hygiène dans la zone alimentaire". Une pratique totalement illégale. Si les clients ont l’interdiction de faire leurs courses avec leurs animaux, la loi ne concerne évidemment pas les chiens d’aveugle. Sur Twitter, Monoprix s'est excusé auprès de la victime et rappelé simplement la loi.

Coïncidence étonnante, La Provence, alertée par de nombreux lecteurs, a remarqué que ses journaux relatant cette affaire en Une ont été retirés de la vente dans plusieurs magasins Monoprix à Marseille. Sans doute le fruit du hasard.

5 - Condamné pour l’emploi de ses salariés la nuit

Ce fut un gros coup dur pour Monoprix. L’enseigne bien connue des Français a été de nouveau condamnée en 2019 par le tribunal de grande instance de Nanterre à payer une amende de 30 000 euros. En cause : l’emploi de ses salariés la nuit après 21 heures. La justice a donné raison à la CGT qui avait attaqué l’accord d’entreprise conclu fin 2018. "Le tribunal a notamment estimé que cet accord ne respectait pas la condition de recours exceptionnel, puisque les magasins étaient de facto ouverts tous les soirs jusqu'à 22 heures", souligne au Parisien Miranda di Lorenzo, de la CGT. Le tribunal a aussi jugé "insuffisantes les dispositions de l’accord d’entreprise" sur la prise en charge du retour du salarié à son domicile lorsqu’il rentrait tard le soir.

Nouveau rebondissement quelques jours après cette décision de justice. Moins de deux semaines plus tard, l’enseigne a finalement signé un nouvel accord avec les syndicats majoritaires pour permettre aux salariés de travailler après 21 heures.

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