5 choses à savoir sur le Club Med

Chaque mercredi, Yahoo vous invite à mieux connaître une entreprise. Petits secrets, anecdotes, histoires insolites, ne manquez pas l’occasion d’épater vos amis. Pour ce 93e épisode, plongez dans les coulisses d’un club de vacances mythique : le Club Med.

1 - Le Club Med, un vent de liberté juste après la guerre

C’est l’histoire d’une entreprise qui a révolutionné le tourisme. En 1950, Gérard Blitz, amoureux du sport et joueur de water-polo aguerri, plante un village de tentes à Alcudia, aux Baléares (Espagne). Dans une Europe éprouvée par la Seconde Guerre mondiale, l’entrepreneur belge souhaite proposer des vacances pas comme les autres et invente le concept du "tout compris".

"On sort d'une période de confinement forcé avec la Seconde Guerre mondiale, qui a duré quatre ans et qui a été terrible, et il y a une envie de bonheur, une envie de mordre la vie à pleines dents", analyse sur Europe 1 Jean-Jacques Manceau, journaliste et écrivain, auteur de livres sur l'histoire du Club Med. "Lui arrive à ce moment-là et invente un concept de vacances où l'on ne parle plus d'argent, où l'on se rassemble pour aller quelque part et partager un moment de convivialité", développe-t-il.

Pour loger les 2 300 premiers curieux en Espagne, il fait confiance à la société "Trigano Père et fils" parmi une liste de fabricants de tentes. Malgré le prix très élevé, ce premier rendez-vous estival est un succès phénoménal. En 1952, les tentes rustiques se transforment en cases en bois inspirées des habitations polynésiennes traditionnelles. Année après année, le Club Med se développe à vitesse grand V et ouvre des villages vacances dans des endroits paradisiaques ignorés des touristes (Djerba, Tahiti, République dominicaine…). Aujourd’hui, le modèle du Club Med s’est transposé dans une quarantaine de pays pour le plus grand bonheur des 1,5 million de clients.

Le Club Med, un vent de liberté juste après la guerre (Crédit : REUTERS/Charles Platiau)
Le Club Med, un vent de liberté juste après la guerre (Crédit : REUTERS/Charles Platiau)

2 - Certains GO sont devenus des stars

Quel est le point commun entre Patrick Bruel, Kad Merad, Anne Roumanoff, Denis Brogniart et Jean-Luc Reichmann ? Toutes ces stars ont débuté leur carrière comme GO au Club Med comme des dizaines d’autres. Ces artistes en herbe pouvaient rôder leurs sketchs et chansons devant un public bienveillant avant de commencer leur carrière artistique. Ni chanteur, ni comique, Denis Brogniart a quant à lui exercé comme maître nageur au Club Med et organisait aussi les jeux apéro pour les vacanciers. "J’avais eu le bac, je parlais à peu près correctement anglais. Donc au Club Med, mon profil les intéressait et je suis parti travailler à Marbella pendant plusieurs mois sans donner de nouvelles à personne", raconte-t-il à Ouest-France.

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Avant de cartonner à la télévision et au cinéma, Kad Merad a pu tester son talent scénique dans un Club Med en Suisse. "Moi, je ne renie pas du tout le Club Med, au contraire, c'est une magnifique école… du divertissement, t'as raison. J'étais juste batteur mais comme j'avais ce truc avec la scène et qu'au Club Med, t'as des théâtres avec des coulisses, du maquillage, un régisseur… C'est pas des tréteaux, quoi. J'ai commencé en Suisse dans un club réservé aux célibataires", se remémore l’acteur en 2018 dans So Film.

3 - Galaswinda, le village mythique des Bronzés tombé en ruines

"Bienvenue à Galaswinda, Darla dirla dada, Y’a du soleil et des nanas, Darla dirla dada". Ces paroles sont indissociables du premier volet des Bronzés dans lequel on suit avec délectation les aventures de Popeye (Thierry Lhermitte), Jean-Claude Dusse (Michel Blanc), Gigi (Marie-Anne Chazel) et tous les autres dans un club de vacances du Club Med en Côte d’Ivoire.

Dans la réalité, le village de Galaswinda est une pure invention puisque le tournage a eu lieu à Assouindé, à environ 80 kilomètres d’Abidjan. "Avant, on faisait des soirées de gala, grandioses, au moment du départ des jeunes, voilà pourquoi on a appelé ça Galaswinda", explique à France Info Alphonse Guelablé, un des rares figurants restés au village. Après avoir connu un gros coup de projecteur grâce au film, le village, autrefois prisé par les vacanciers, est tombé en ruines.

Le site a d’ailleurs fermé en 2005, soit 30 ans après le tournage. Ce qui n’est peut-être pas pour déplaire à l’entreprise iconique qui a souffert de l’image donnée aux GO ("Gentil Organisateur") et GM ("Gentil Membre") dans le long-métrage. "Ce film a donné envie à énormément de gens de venir chez nous, mais c’est aussi devenu un sparadrap qu’on a du mal à retirer", regrettera Henri Giscard d’Estaing, fils de l’ancien chef d’État et PDG du Club Med depuis vingt ans, dans Le Parisien. C’est ce qu’on appelle la rançon du succès.

Lieu de tournage des Bronzés, le village d'Assouindé est tombé en ruines (DR)
Lieu de tournage des Bronzés, le village d'Assouindé est tombé en ruines (DR)

4 - Le Club Med monte en gamme depuis 20 ans

Rares sont les entreprises à ne jamais avoir connu de creux. Pour le Club Med, il est apparu vers la fin des années 80, période durant laquelle sa manière de faire vivre les vacances était ringardisée par ses concurrents. "La marque est stigmatisée, ridiculisée et surtout dupliquée à l’infini par tous les autres tour-opérateurs", écrit le journaliste Jean-Jacques Manceau, dans Le Club Med, réinventer la machine à rêves (Perrin, 2010). En clair, de nouveaux acteurs du tourisme viennent piquer les meilleurs idées du Club Med en laissant les pires. Pour survivre, l’entreprise n’a d’autre choix que de se réinventer. Henri Giscard d’Estaing, alors directeur marketing, propose de jouer la carte du luxe et de se positionner sur une clientèle aisée.

"Nos clubs coûtent trois fois plus cher à exploiter que les autres car ils sont trois ou quatre fois plus grands, et nous n’employons pas 20 animateurs, mais jusqu’à 160 par village ! La seule issue était donc de monter en gamme", justifie le fils de l’ex-président de la République. Il invente le "luxe convivial" et investit près d’un milliard d’euros en rénovations et constructions de nouveaux villages. Exit les danses autour de la piscine, les jeux apéros, le tutoiement ou encore les déjeuners et dîners forcés avec les GO. Un pari osé mais pour l’instant gagnant pour la société qui affichait, avant le Covid, un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros, avec 15 000 salariés en équivalent temps plein.

5 - Le mystère de la chambre 2027 a défrayé la chronique

Le 27 avril 2021, Emmanuelle Badibanga est retrouvée pendue par le cou à l'accroche serviettes dans la salle de bain de sa chambre d’hôtel 2027. La Niçoise était en vacances sur l’île Sainte-Anne, aux Seychelles, avec son petit ami. "Le couple séjournait sur cette minuscule île depuis une semaine. Thomas Debatisse, un graffeur connu sous le pseudo Otom, y avait été invité par le Club Med pour peindre une fresque en 'live' durant la soirée d’inauguration", rappelle Le Monde. L’affaire hante toujours cet archipel de l’océan Indien.

Rapidement, l’enquête de la police seychelloise s’oriente plus volontiers vers un féminicide alors que l’autopsie française penche plus vers le suicide. Après deux mois de procès, le suspect numéro un dans cette affaire a été acquitté et est ressorti libre le 15 avril dernier. L'enquête confiée à la police judiciaire de Nice reste toujours ouverte et Thomas Debatisse pourrait à nouveau être entendu. En attendant, le mystère demeure entier.

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