49.3, gilets jaunes... Pourquoi le discours très politique de CE2 grenoblois pour le 11-Novembre fait polémique

La ville de Grenoble  - Wikimedia Commons
La ville de Grenoble - Wikimedia Commons

L'affaire a suscité l'émoi de plusieurs élus locaux. Lors d'une cérémonie du 11-Novembre organisée à Grenoble, des élèves de CE2 d'une école publique ont prononcé un discours sur la guerre en évoquant au passage les "violences policières", les "violences institutionnelles" comme "l'utilisation du 49.3" ou encore le mouvement des gilets jaunes.

Interrogée dans les colonnes du Dauphiné Libéré, la conseillère municipale Renaissance Émilie Chalas s'est montrée sceptique, pointant un "discours très politisé". Selon elle, celui-ci a "été écrit par des adultes".

"Les enfants ne sont pas en cause, cela se voyait qu’ils avaient bien travaillé leur diction, leurs intonations. Quand ils ont parlé de l’urgence climatique, c’était même très touchant. Mais à qui fera-t-on croire qu’un enfant de 10 ans a envie de parler du 49-3?"

"Certains messages étaient forts et sincères, mais d'autres n'étaient clairement pas ceux des enfants", abonde Stéphane Gemmani, toujours dans Le Dauphiné Libéré. Pour le conseiller régional du groupe Socialiste, Ecologiste et Démocrate, "ce n'était ni le lieu, ni l'endroit".

Élisa Martin, nouvelle députée La France insoumise (LFI) de l'Isère et vainqueure au second tour des dernières législatives face à Émilie Chalas, fait entendre un autre son de cloche. Sur son compte Twitter, elle a salué les écoliers de 10 ans "pour leur discours poignant et si lucide".

Une instruction ouverte par le rectorat

Face à la polémique, la Ville, dont le maire est l'écologiste Éric Piolle depuis 2014, s'est défendue d'avoir une quelconque responsabilité dans cette affaire. Elle indique, peut-on lire dans Le Dauphiné Libéré, qu'elle "n'a pas été consultée en amont sur la participation d'élèves de l'école Bajatière". Et de préciser ensuite que "comme chaque année, l'organisation du 11-Novembre a été faite par la préfecture".

De son côté, le rectorat s'est procuré le discours prononcé vendredi dernier, a ouvert une instruction et recevra les personnes mises en cause ces prochains jours.

"Si le devoir de neutralité n'est pas respecté, alors oui, il peut y avoir sanction", explique Patrick Gros, directeur académique des services de l'Éducation nationale dans l'Isère.

Deux écolières ont quant à elles assuré auprès d'Europe 1 que des adultes n'étaient pas à l'origine de leur texte. "Notre maîtresse nous a donné des bases, et à partir de ça, on a inventé le discours", explique l'une d'elles auprès de la radio. "Les collégiens nous ont un peu aidés à trouver, mais sinon ce sont les enfants et un peu la maîtresse", confirme la seconde.

Article original publié sur BFMTV.com