Les 49.3 à répétition, une mécanique bien rodée à l’Assemblée

POLITIQUE - En deux semaines, c’est la quatrième fois que la Première ministre s’invite à la tribune de l’Assemblée nationale, engage la responsabilité du gouvernement avant une suspension des débats et le dépôt dans la foulée par l’opposition d’une motion de censure contre le gouvernement.

Ce cérémonial, les députés de tous bords le connaissent désormais par cœur, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. « C’est le jour de la marmotte, » grinçait déjà le député communiste Pierre Dharréville à la tribune le 26 octobre, en référence au célèbre film américain, Un jour sans fin. « Nous voici donc de nouveau réunis dans cet hémicycle un 31 octobre pour examiner des motions de censure déposées par la France insoumise et le Rassemblement national. Encore, me direz-vous. Oui, en effet… », commentait le député Renaissance Sylvain Maillard, quelques jours plus tard.

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2023 sera considéré comme adopté sans vote en première lecture par l’Assemblée, sauf si une motion de censure est adoptée dans les prochains jours, hypothèse hautement improbable. Le texte passera ensuite au Sénat.

Des députés dans la peau de Bill Murray

La première partie du PLF et le projet de budget de la Sécu ont déjà été adoptés à l’Assemblée via la même méthode décriée. Et les motions de censure dégainées pour y répliquer ont toutes échoué, même celles votées conjointement par le RN et la NUPES, faute de soutien des députés LR.

Le scénario devrait se répéter une quatrième fois, entouré des mêmes questions autour de la motion LFI, dans laquelle sont dénoncés « le mépris du pouvoir pour le travail parlementaire » et une « utilisation de plus en plus autoritaire des mécanismes de la Ve République ».

Cette motion aura-t-elle une nouvelle fois le soutien du RN, ce que le camp présidentiel avait critiqué comme une « collusion » avec l’extrême droite ? Marine Le Pen a estimé mercredi qu’Élisabeth Borne manifestait « toujours le même déni démocratique », sans dévoiler ses intentions.

Comme Bill Murray dans cette comédie des années 1990, les députés se préparent en tout cas à revivre le même scénario dans les semaines à venir, puisque le 49.3 pourrait au total être dégainé une dizaine de fois avant Noël, pour faire passer les budgets de l’État et de la Sécurité sociale.

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