“Moi, 41 ans, stagiaire en Allemagne”

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“Moi, 41 ans, stagiaire en Allemagne”
Photo Dayne Topkin / Unplash / CC

Son CV est exactement ce que beaucoup de patrons disent vouloir : sans grandes lacunes (“Vous pouvez compter sur moi”), mais pas simple (“La nouveauté ne me fait pas peur”). Après avoir obtenu en Suisse son diplôme d’études secondaires en langues modernes, elle a passé un an en Nouvelle-Zélande et en Australie à laver les jambes de personnes atteintes de cancer dans un hôpital et à se demander si elle voulait devenir kinésithérapeute.

“Au lieu de cela, j’ai étudié les sciences du mouvement et la gestion du sport et j’ai obtenu mon diplôme de professeur de sport, même si je savais déjà que je n’irais presque jamais au gymnase. C’est donc reparti, au Canada, en Chine, en Scandinavie, puis dans les médias. Radio locale, télévision locale, radio publique suisse, où je suis restée dix ans. Parallèlement, j’ai appris ma quatrième langue étrangère (le norvégien, en plus du français, de l’anglais et de l’italien) et j’ai obtenu un autre diplôme en technologie de l’environnement. C’est comme ça qu’on se retrouve à 41 ans.”

Rien de pire que la routine !

Il n’existe pas de chiffres sur le nombre de stagiaires de plus de 40 ans en Allemagne. Brigitte Wenger est consciente d’être une privilégiée. Elle avait des économies, pas d’enfants ni de personnes à charge, pas de prêt à rembourser. Elle était donc totalement libre. D’ailleurs, elle ne regrette pas son choix de passer de la radio à la presse écrite, de quitter la Suisse pour l’Allemagne, de passer d’un poste senior à un stage… Mais c’est tout de même parfois difficile, admet-elle. Bien sûr, c’est souvent rafraîchissant, ça lui permet de se confronter à de nouvelles façons de penser, de découvrir une nouvelle génération. “Mais, maintenant, je me sens comme une vieille grand-mère parmi tous les jeunes collègues. Pour être honnête, je ne me sens pas à ma place ici”, confie-t-elle.

Pourquoi est-ce si difficile ? “Probablement parce que c’est épuisant de nager à contre-courant […]. Parce que je me suis construite dans un référentiel capitaliste et que je me sens aujourd’hui stupide de renoncer à un revenu facile et assuré […]. J’ai pleuré de nostalgie en pensant à mon ancienne vie dans un environnement familier, au milieu de mes proches, avec des tâches que je me sentais capable d’exécuter.”

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