Plus de 3000 Britanniques testent actuellement la semaine de quatre jours

3300 Britanniques testent depuis ce lundi la semaine de quatre jours. - AFP
3300 Britanniques testent depuis ce lundi la semaine de quatre jours. - AFP

Top départ pour la semaine de quatre jours au Royaume-Uni. Depuis ce lundi, des milliers de travailleurs britanniques font un test de grande envergure de la semaine de travail réduite.

Sous la supervision de chercheurs des universités d’Oxford et de Cambridge ainsi que du Boston College aux Etats-Unis, quelque 3300 salariés de 70 entreprises différentes prennent part à ce projet initié par 4 Day Week Global, une organisation à but non lucratif qui plaide pour la généralisation de la semaine de quatre jours.

Débuté ce lundi 8 juin, il devrait durer jusqu’en décembre. Le but de cette expérience est de mesurer l'évolution de la productivité ainsi que le bien-être des salariés qui prennent part à l'expérience.

Durant six mois, ces Britanniques qui travaillent aussi bien dans des entreprises de services financiers que dans des restaurants de type fish and chips vont toucher 100% de leur salaire mais ne travailleront que 80% de leur temps normal. L'objectif étant de mesurer s'il est possible de concentrer sur quatre jours la production réalisée normalement en cinq. Cette expérience passe par une organisation différente avec moins de réunion notamment.

Difficultés de recrutements

Si les promoteurs du projet reconnaissent que la semaine de quatre jours ne conviendra pas à toutes les entreprises, ils estiment néanmoins que ce temps de travail pourrait se généraliser à terme.

Dans un contexte post-Covid de difficultés accrues de recrutement, Alex Soojung-Kim Pang, un des responsables du 4 Day Week Global, estime que cette organisation "devrait être présentée comme une solution aux défis du recrutement et de la rétention des salariés ainsi que de l’épuisement professionnel et de la durabilité de l’équilibre travail/vie personnelle."

En France, certaines entreprises notamment dans la restauration proposent cet avantage pour attirer des salariés dans un secteur qui manque curellement de main d'oeuvre.

Le Royaume-Uni n'est pas le premier pays à tester à grande échelle ce temps de travail raccourci sans réduction de salaire. En Islande, 2500 employés du secteur public (1% de la population active du pays) ont participé à deux grands essais comparables entre 2015 et 2019 bien que moins radicaux que la semaine de quatre jours. Les salariés en question avaient vu leur temps de travail réduit à 35 ou 36 heures au lieu de 40 heures auparavant.

Quid du secteur privé?

Un essai couronné de succès selon le groupe de réflexion Autonomy et l'organisation de recherche l'Association pour une démocratie durable (Alda) qui ont analysé les données de l'expérimentation. Les chercheurs ont constaté une amélioration très importante du bien-être au travail sans baisse notable de productivité. L'expérimentation a donné lieu à un raccourcissement du temps de travail pour 86% de la population islandaise.

Si ces tests se sont avérés concluants dans les services publics islandais, l'expérimentation britanniques devra démontrer qu'il en est de même dans des entreprises privées soumises parfois à des niveaux élevés de concurrence.

Selon le patron du 4 Day Week Global, c'est justement la concurrence qui pourrait permettre de faire émerger ce nouveau mode de production.

"Alors que nous sortons de la pandémie, de plus en plus d'entreprises reconnaissent que la nouvelle frontière de la concurrence est la qualité de vie, estime Joe O'Connor sur CNN. Et que le travail à horaire réduit et axé sur le rendement est le moyen de leur donner un avantage concurrentiel."

Article original publié sur BFMTV.com

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