300.000 euros de revenus non déclarés: Dupond-Moretti avance une "erreur" de son ancien comptable

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Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti le 28 avril 2021 au palais de l'Elysée à Paris - GONZALO FUENTES © 2019 AFP
Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti le 28 avril 2021 au palais de l'Elysée à Paris - GONZALO FUENTES © 2019 AFP

Le Garde des Sceaux contre-attaque. Au lendemain des publications de Mediapart et de L'Opinion, qui indiquaient qu'Eric Dupond-Moretti avait omis de déclarer 300.000 euros de revenus en 2019, une information confirmée par son entourage direct, le ministre se défend de toute tentative frauduleuse.

180.000 euros d'impôts

"Lorsque l’on est ministre, obligatoirement, on fait l’objet d’un contrôle fiscal. Ni l’administration fiscale ni la Haute autorité pour la transparence de la vie publique n’ont vu cette difficulté", commence-t-il à notre micro, en marge d'un déplacement ce jeudi à Troyes, dans l'Aube.

Arrivé place Vendôme il y a tout juste un an, il a fait comme tous les ministres l'objet d'une vérification fiscale, en lien avec le fisc et sous le contrôle de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Dans sa déclaration pour 2018-2019, alors qu'il était encore avocat, Eric Dupond-Moretti n'avait pas déclaré 300.000 euros tirés de droits d'auteur et liés au spectacle qu'il jouait alors au théâtre, qui auraient dû générer 180.000 euros d'impôts.

"Je n'ai rien d'autre à dire"

Lors de sa courte prise de parole de ce jour, le ministre de la Justice a indiqué qu'il avait, de son propre fait, signalé cet oubli auprès de l'administration fiscale.

"C’est mon actuel comptable qui s’est rendu compte d’une erreur qui avait été commise par son prédécesseur. Dès que cette erreur m’a été signalée, j’ai d’initiative informé l’administration fiscale. Elle a regardé ce dossier attentivement et a dit qu’il s’agissait d’une erreur. Je n’ai rien d’autre à dire", ajoute-t-il.

L'entourage du ministre avait indiqué mercredi à l'AFP que la rectification avait eu lieu et que la situation fiscale du ministre était "totalement réglée".

"Ces sommes sont passées par mes comptes courants et l'Urssaf et la TVA ont été payées sur ces sommes. L'administration fiscale a regardé ce dossier attentivement et a dit qu'il s'agissait d'une erreur", a-t-il martelé auprès de l'AFP.

Convoqué par la justice

Le garde des Sceaux se serait sans doute passé de ces révélations, quelques jours après une rarissime perquisition dans les locaux du ministère de la Justice le 1er juillet et alors qu'il est convoqué la semaine prochaine à la Cour de justice de la République en vue d'une mise en examen, une première pour un ministre en exercice.

L'enquête de la CJR, seule habilitée à juger les ministres, a été ouverte en janvier pour "prise illégale d'intérêt".

L'enquête pour "prise illégale d'intérêts" avait été ouverte en janvier, après des plaintes de trois syndicats de magistrats et de l'association Anticor. Ils accusent Eric Dupond-Moretti d'avoir profité de ses fonctions de ministre de la Justice pour intervenir dans des dossiers pour lesquels il était auparavant avocat.

Article original publié sur BFMTV.com

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