3 milliards d'oiseaux ont disparu en Amérique du Nord en 45 ans

Grégory Rozières
Robin on perch

SCIENCE - Ce sont des chiffres à la fois effarants et terrifiants, mais également peu surprenants et prévisibles. Depuis 1970, trois milliards d’oiseaux ont disparu en Amérique du Nord. Soit une chute spectaculaire de la population globale de 29%. 

C’est le triste résultat d’une étude publiée dans Science ce jeudi 19 septembre. Les chercheurs ont analysé 529 espèces, vivant dans des milieux divers. En dehors des zones humides dans lesquelles la population a crû, tous les autres écosystèmes enregistrent une descente aux enfers effrayante.

D’autant plus effrayante qu’elle est “incroyablement similaire” à ce qu’il se passe en Europe, explique au HuffPost Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la question. En 25 ans, 600 millions d’oiseaux ont disparu du continent européen. Et le coupable principal, dans les deux cas, l’agriculture intensive, “ne fait plus aucun doute”.

Des baisses avant tout dans les plaines agricoles

Dans l’étude américaine, quasiment tous les écosystèmes accueillant les oiseaux sont touchés. Si les oiseaux des forêts ont subi une forte baisse, le pire des biomes est clairement et de très loin celui des terres agricoles, où la chute est de 53% en 48 ans. Les trois quarts des espèces peuplant ces zones sont concernées.

“Les chiffres sont incroyablement similaires d’une étude à l’autre, avec des diminutions de l’ordre de 30% tous les 25 ans”, explique Vincent Bretagnolle. “Annuellement, la perte se situe entre 1 et 1,5% par an en Amérique du Nord. En France, c’est 1,5%”. 90% de cette baisse est attribuée à 12 familles d’oiseaux communs aux États-Unis. Les chercheurs précisent d’ailleurs que leurs estimations sont plutôt prudentes, car elles ne viennent que des populations reproductrices.

Et ils ne sont pas spécialement optimistes: “comme les oiseaux représentent un des groupes d’animaux les mieux surveillés, ils sont peut-être la partie émergée de l’iceberg”, notent les auteurs. En clair, cette chute de la biomasse pourrait...

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