3-MCC : quelle est cette "nouvelle cocaïne" qui inquiète les autorités ?

3-MCC : quelle est cette "nouvelle cocaïne" qui inquiète les autorités ?

À Paris, un homme est mort lundi, en plein acte sexuel, après avoir consommé de la "nouvelle cocaïne". Cette drogue de synthèse, qui se répand à vitesse grand V, suscite l'inquiétude des autorités sanitaires et policières.

Elle se répand à vive allure comme une trainée de poudre. Dans le viseur des autorités sanitaires et policières, la 3-MCC a une nouvelle fois fait parler d’elle ces derniers jours. Cette drogue de synthèse, qui procure des sensations semblables à celles de la cocaïne, a fait une nouvelle victime lundi, un homme de 42 ans, mort d’une overdose dans son appartement du XVIIIe arrondissement de Paris. Il était en pleine relation sexuelle avec un partenaire lorsqu’il s’est mis à convulser. Les sapeurs-pompiers n’ont rien pu faire pour le sauver.

Apparue au début des années 2010, la 3-MCC s’est faite discrète pendant un temps. Elle s’est d’abord imposée dans les soirées chemsex (une pratique qui consiste à prendre de la drogue lors de rapports sexuels) et les milieux homosexuels avant d’investir depuis 2017 les autres évènements festifs. Sous forme de poudre, cristal ou comprimés, elle peut être sniffée, injectée, fumée ou encore consommée par voie rectale. Elle est destinée à lever les inhibitions ou à augmenter le plaisir.

Facile d’accès

Facile d’accès, elle s’est largement démocratisée ces dernières années, notamment en raison de son prix attractif. Le gramme coûte entre 8 et 37 euros contre 70 à 80, pour la même quantité de cocaïne. Un phénomène inquiétant qui a mis en état d’alerte l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives.

Sans grande surprise, le risque d’addiction est très élevé. Comme le rappelle Drogues Info Service, "la faible durée des effets et la forte anxiété qui suit les prises provoquent un fort craving qui favorise une consommation compulsive. La consommation régulière de cathinones entraîne l’usager à augmenter les doses consommées pour obtenir les mêmes effets. Et à l’arrêt, l’usager ressent des troubles dépressifs importants qui peuvent durer plusieurs semaines".

Sa consommation a des effets dévastateurs comme toutes les autres drogues. Elle peut engendrer des complications neurologiques et cardiaques, des risques d’AVC, des états délirants, des troubles cognitifs, des risques suicidaires, des problèmes ORL ou encore des atteintes rénales. Elle peut aussi être fatale. Depuis 2008, elle serait à l’origine d’une vingtaine de décès.

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