3 conditions pour négocier le Brexit et éviter le désastre dans les 6 mois qu'il reste

Guy Verhofstadt
3 conditions pour négocier le Brexit et éviter le désastre dans les 6 mois qu'il reste.

Depuis le référendum de juin 2016, les négociations sur le Brexit font du surplace. Certes, dans son récent discours de Mansion House, la Première ministre britannique a dévoilé une vision de la relation future qu'elle envisage entre son pays et l'Union européenne. Mais cette vision demeure trouble. Si Theresa May est parvenue à fixer des objectifs, nous sommes encore loin de la percée conceptuelle qui permettrait d'espérer un accord. À l'entendre, la Grande-Bretagne va bel et bien quitter le marché unique créé par Margaret Thatcher, ainsi que l'union douanière qui la lie à l'UE depuis plus de trente ans. Une issue que je regrette. Comme l'a fait remarquer Donald Tusk, le Président du Conseil européen, ce sera la première négociation commerciale de l'histoire dont le résultat sera d'entraîner des barrières commerciales là où il n'y en avait pas.

C'est une décision souveraine du Royaume-Uni. Mais du coup la marge de manœuvre entre les lignes rouges britanniques et les principes fondamentaux de l'UE est extrêmement étroite. L'UE a d'emblée fermé la porte à l'approche dite du "beurre et l'argent du beurre" que certains Brexiters envisageaient sans vergogne. Le Royaume-Uni a de son côté récusé la proposition de l'UE d'un statut comparable à celui de la Norvège, où le commerce est libre, mais assorti de la libre-circulation des personnes, et dans un cadre réglementaire strictement sous juridiction européenne. Or il ne reste que six mois pour négocier le Traité de sortie de l'UE, un nouveau traité bilatéral UE-Royaume-Uni et les périodes de transition entre les deux statuts. Pour éviter le désastre d'un Brexit dur, sans accord d'aucune sorte, Londres ne doit plus tergiverser sur trois dossiers clefs.

1. Tout d'abord convenir d'un système équitable sur les droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni et des citoyens britanniques sur le territoire de l'UE. Nous sommes naturellement ouverts à ce que ces derniers continuent à bénéficier de la libre-circulation....

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