24 Heures du Mans: la Toyota N.7 brise la malédiction

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La Toyota N.7, pilotée par le Japonais Kamui Kobayashi, lors des 24H du Mans, le 22 août 2021
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En-fin ! Malchanceuse en 2017, 2019 et 2020, la Toyota N.7 du Britannique Mike Conway, du Japonais Kamui Kobayashi et de l'Argentin José Maria Lopez a fini par remporter les 24 Heures du Mans, dimanche, en dépit d'inquiétudes dans les dernières heures.

Avec elle, la marque japonaise s'offre sa quatrième victoire dans la classique mancelle, la quatrième consécutive depuis 2018.

La Toyota N.8 du Suisse Sébastien Buemi, du Japonais Kazuki Nakajima et du Néo-Zélandais Brendon Hartley, et l'unique Alpine en lice, la N.36 des Français Nicolas Lapierre, Matthieu Vaxiviere et du Brésilien André Negrao, complètent le podium.

Cette 89e édition se tenait fin août plutôt que mi-juin, décalée afin d'accueillir 50.000 spectateurs (20% du nombre habituel) malgré la pandémie de Covid-19, après un huis clos en 2020.

Partie en pole position à 16h13 samedi, sur une piste détrempée, la N.7 a contrôlé la course. Ni la pluie, ni une crevaison lente dans les premières heures, ni un tout droit dans la nuit, ni des problèmes de ravitaillement dans la matinée dimanche ne l'ont finalement pas mise en péril.

Ses concurrents non plus. La N.8, triple tenante du titre, n'a pas pu remonter plus haut que sa deuxième place sur la grille, après avoir été accrochée au premier virage.

Les deux autres constructeurs engagés dans la nouvelle catégorie reine des Hypercars, Alpine et Glickenhaus (qui prend les quatrième et cinquième places) ne sont pas parvenus à mettre les favoris sous pression.

Ils n'ont pas bénéficié, non plus, du problème de fiabilité rencontré par les deux Toyota, que l'équipe a su "contourner" pour réaliser ce doublé.

- Sans concurrence -

Sans grand constructeur comme concurrent depuis 2018, Toyota sera opposée à Peugeot l'an prochain, avant l'arrivée de Ferrari, Porsche ou encore Audi en 2023.

Etre le premier sera-t-il un avantage, sachant que le règlement permet de peaufiner la voiture mais pas de la faire évoluer ?

Pour le directeur technique de l'équipe japonaise, Pascal Vasselon, il est trop tôt pour se prononcer.

"C'est un avantage d'être prêt avant les autres parce qu'on peut améliorer notre prise en compte des réglementations et organiser l'équipe autour", estime-t-il. "D'un autre côté, nos futurs compétiteurs nous observent, ils vont apprendre quelque chose et avoir le temps de le mettre en place dans leurs voitures."

Surclassée en performance pure, l'Alpine N.36 -- engagée dans la catégorie reine avec une ancienne LMP1 adaptée et non une nouvelle Hypercar -- voulait "attaquer" et "mettre sous pression" les Toyota pour les pousser à l'erreur.

Après un tête-à-queue de Lapierre au troisième tour et une sortie de piste de Vaxiviere peu après 23h00 samedi, elle n'a pas été en position de le faire.

L'équipe française, dont on attend de savoir si elle poursuivra l'aventure dans les années à venir, a tout de même égayé une course un peu morne dimanche matin en se bagarrant avec la Glickenhaus N.708, quatrième.

- Fin cruelle en LMP2 -

Pour le petit constructeur américain Scuderia Cameron Glickenhaus, qui ne disputait que sa troisième course en endurance, la première au Mans, terminer au pied du podium tient de l'exploit.

Le projet de l'Américain James Glickenhaus, 71 ans, reconnaissable à son chapeau de cowboy, mérite d'être connu.

Sa fortune, faite dans les années 1980 en produisant et en réalisant des films comme "Le Droit de tuer" et "Le Retour du Chinois" avec Jackie Chan, a permis à ce passionné d'automobile de réaliser son rêve de faire courir sa propre voiture au Mans après avoir assisté à la course en 1969 !

En LMP2, le Team WRT s'est imposé avec seulement 727/1000 d'avance pour l'Oreca N.31, mais passe à côté du doublé après le cruel arrêt en piste de la N.41 à trois minutes seulement de l'arrivée à 16h00 !

Victoires de la Ferrari N.51 en LMGTE Pro et de la Ferrari N.83 en LMGTE Am.

La voiture N.84, confiée à deux pilotes paraplégiques, le Japonais Takuma Aoki et le Belge Nigel Bailly, s'est classée 32e.

Le Championnat du monde d'endurance auto (WEC) bouclera sa saison 2021 avec deux courses à Bahreïn, l'une de 6 heures le 30 octobre et l'autre de 8 heures le 6 novembre. Les prochaines 24 Heures du Mans doivent retrouver leur date habituelle, les 11 et 12 juin 2022.

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