21 avril : l'une a marché contre le FN en 2002, l'autre refusera de le faire en 2017

Romain Herreros

POLITIQUE - Deux époques, deux ambiances. Il y a 15 ans jour pour jour, le 21 avril 2002, le visage de Jean-Marie Le Pen s'affichait à côté de celui de Jacques Chirac. Un séisme politique qui sort la France de sa torpeur, des dizaines de milliers de citoyens descendant spontanément dans la rue pour exprimer leur opposition au leader du Front national.

Le 1er mai de cette même année, quelque 1.5 millions de citoyens avaient manifesté sur tout le territoire. Un chiffre pas si éloigné de celui de la marche du 11 janvier 2015 (2 millions de personnes) témoignant d'un rejet massif du succès frontiste. À J-3 avant le premier tour de la présidentielle, la surprise serait que la fille de Jean-Marie, Marine Le Pen, soit éliminée dès dimanche. Preuve s'il en est que la perception du FN a bien changé entre-temps.

Audrey, 18 ans à l'époque, se souvient -"et comment!"- de ce qui était pour elle une "première élection". Comme 2.3% des électeurs, elle avait voté pour Christiane Taubira. "C ar je ne me sentais pas représentée par les candidats des grands partis (Chirac, Jospin), et ce qu'elle proposait notamment au niveau de la santé faisait écho chez moi", explique celle qui était alors étudiante en troisième année d'école d'infirmier, à Alès, dans le Gard.

"Danger pour notre démocratie"

Alors, le soir du 21 avril 2002, Audrey tombe des nues. L'abstention combinée à l'éclatement des voix de gauche conduisent à l'élimination de Lionel Jospin, au profit de Jean-Marie Le Pen. Comme d'autres jeunes de son âge, elle décide de se mobiliser pour dire "non" au Front national. " Si je suis allée manifester entre les deux tours, c'est d'une part car je pensais sincèrement que Jean-Marie Le Pen était un potentiel danger pour notre démocratie, mais aussi car je me sentais un peu responsable de la déliquescence du vote socialiste", remet-elle.

FRANCE POLITICS

" La lutte contre le FN n'est évidemment pas la chasse gardée de la gauche, c'est une responsabilité citoyenne", poursuit Audrey qui reconnait...

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