En 2050, pourra-t-on toujours procréer sans aide médicale ?

“La qualité du sperme diminue dangereusement, notamment à cause des perturbateurs endocriniens. D’ici à 2050, la fécondation naturelle risque de n’être plus possible. Il faut agir d’urgence !”

Ce tweet, du député écologiste Jeremie Vaneeckhout, a retenu l’attention du Standaard, qui, ce 12 janvier, se saisit de la question à sa une. “Va-t-on vraiment vers la fin de la fécondation naturelle ?”

“Si intrigant et angoissant qu’il soit, ce scénario catastrophe ne repose sur aucune certitude scientifique”, explique d’emblée le journal.

Sous-fertilité

La sortie du parlementaire flamand s’appuie sur une étude de novembre dernier sur l’évolution de la qualité du sperme au cours des dernières décennies. Elle résulte, à son tour, de l’agrégation de données provenant de plus de 230 enquêtes, desquelles il ressort “que la concentration de gamètes dans le sperme des hommes décline depuis les années 1970”, résume De Standaard. Et ce de plus en plus rapidement.

“Depuis l’an 2000, la concentration en gamètes baisse de 2,64 % par an. Si on prolonge la tendance, on arrive à une projection pour 2050 où la concentration chutera sous les 15 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme. Or au-dessous de ce seuil, on parle de sous-fertilité ou de fertilité diminuée.”

Projection qui confirme les dires du député : “D’ici trente ans, l’homme ‘moyen’ pourrait avoir des problèmes d’infertilité.”

Divergences scientifiques

Ce n’est pas si simple, ajoute aussitôt le titre, car cette étude ne fait pas l’unanimité. Deux groupes s’opposent dans le débat scientifique. “Le premier ne doute pas que la qualité du sperme décline”, mais sans aller jusqu’à faire des projections pour 2050.

Le deuxième groupe doute carrément de la fiabilité des études menées au cours des dernières décennies, notamment au motif que “la qualité des microscopes actuels n’est pas comparable avec celle des instruments utilisés pour compter les gamètes dans les années 1980”.

Quant aux substances telles que les bisphénols et les phtalates, il est établi qu’elles ont un effet sur la mobilité des gamètes et leur concentration dans le sperme. “Mais on ignore l’importance de leur effet si on les compare à d’autres facteurs, comme le tabagisme et le surpoids, qui peuvent aussi amoindrir la fertilité des hommes”, dit la professeure Leen Antonio (hôpital universitaire de Louvain), interrogée par le journal.

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