En 2022, ces pénuries alimentaires ont vidé nos rayons de supermarchés et ça ne devrait pas s’arranger

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PÉNURIES - Si un mot a bien résonné cette année, c’est pénurie. Les origines de celles-ci se sont multipliées, et par conséquent, nos rayons se sont retrouvés à plusieurs reprises bien vides. Si la guerre en Ukraine a souvent été avancée (parfois à tort et à travers) comme la raison de ces pénuries, en réalité, elle est loin d’être la seule. Et comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article, parfois une pénurie peut en entraîner une autre.

Évidemment, la guerre aux portes de l’Union européenne a eu des conséquences très visibles dans nos rayons. Le premier produit qui a disparu, c’était l’huile de tournesol, au printemps. Problème : 50 % des exportations d’huile de tournesol dans le monde viennent d’Ukraine, et la guerre a fortement perturbé le commerce de celle-ci.

Autres produits qui se sont faits parfois rares dans nos rayons cette année, le blé ou même le pois chiche. Le blocage des exportations ukrainiennes vers le reste de l’Europe était le premier responsable de ce manque. Effectivement, l’Ukraine fait partie des cinq plus grands exportateurs de blé dans le monde, la Russie étant le premier. À eux deux, ils représentent un quart des exportations mondiales.

Le blé russe étant devenu invendable notamment en raison des sanctions contre Moscou, les prix du blé ont flambé au printemps et la météo est venue s’y ajouter. La sécheresse printanière a largement affaibli les rendements de plusieurs pays comme la Pologne, la Roumanie ou encore les États-Unis. Et dans un contexte politique et climatique assez mouvant, les tensions autour du blé ne devraient pas s’arranger.

La sécheresse : le pire ennemi

Parce que dans la série des pénuries, la sécheresse a aussi eu son lot de responsabilités et la moutarde en est un bon exemple. 80 % de nos graines de moutarde viennent du Canada mais les récoltes de graines dans ce pays en 2021 ont été très mauvaises. Résultat : les producteurs français ont augmenté les prix pour faire face à ce manque. Mais même cela n’a pas suffi, puisque la moutarde est restée la grande absente de nos rayons pendant plusieurs semaines.

« C’est très nouveau de faire face à une telle pénurie sur un produit typique de la cuisine française. Les graines viennent majoritairement du Canada. Nous cultivons quelques graines en France, mais les quantités ne suffisent pas à couvrir tous les besoins de la filière française » expliquait sur Radio Canada, Luc Vandermaesen, directeur général du producteur français Reine de Dijon. Car depuis quelques années, la production de graines au Canada est en chute libre. Selon un rapport du ministère de l’Agriculture canadien, sur l’exercice 2021-2022, elle a baissé de 28 % et cela ne devrait donc pas aller en s’arrangeant.

En France, la sécheresse a également menacé d’autres secteurs. S’il est plus difficile de parler de pénuries, des produits comme la pomme de terre se sont raréfiés dans nos supermarchés à l’automne avec une hausse des prix significatifs. Mais ce n’est pas tout puisque la sécheresse a entraîné une augmentation des coûts de production dans le secteur du lait par exemple. Par conséquent, nos briques de lait se sont faites un peu plus discrètes à l’automne.

Quand une pénurie en entraîne une autre

En 2022, la sécheresse et la guerre en Ukraine n’ont toutefois pas été les seules responsables de ces pénuries. Vous allez le voir, une pénurie peut en entraîner une autre. La pénurie de carburant à l’automne a en effet perturbé l’industrie des produits frais. Les véhicules frigorifiques de marchandises sont parfois restés à l’arrêt faut de carburant, rendant le chemin des fromages et yaourts jusque dans les rayons parfois sinueux.

Si la raréfaction de produits frais ne vous laisse que de vagues souvenirs, c’est pour une raison. L’une des principales causes de pénurie, c’est le surstockage des consommateurs à la maison. Et dans le cas des produits frais, c’est plus compliqué de stocker du fromage que des pâtes. La peur de manquer engendre des achats de panique, qui engendre à leur tour des pénuries. Inutile de citer l’état de nos rayons avant le premier confinement en mars 2020.

En 2023, d’autres produits pourraient connaître le même sort. L’augmentation notable du prix des matières premières génère la pénurie de produits nécessitant ces matières premières. « Ce qui est à craindre dans les prochains temps, c’est que quelques produits puissent disparaître ponctuellement des rayons parce qu’ils deviennent trop chers à produire », a déclaré fin novembre le patron de Système U Dominique Schelcher sur Franceinfo. Le risque à terme est que les Français soient dans l’obligation de s’habituer à des rayons ponctuellement clairsemés avec une gamme de choix plus réduite.

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