2021, l’année Robert Badinter

Par Saïd Mahrane
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Robert Badinter dans son bureau en 2018
Robert Badinter dans son bureau en 2018

Il faudrait toujours lire les pièces de théâtre avant de les voir jouer. Car la scène, les lumières une fois rallumées et le rideau avouent quelque part ce qu'elles sont : une fiction. Mais quand cette pièce est sur papier, qu'elle tient en quelques pages et qu'elle se lit comme un document historique en raison de la vraisemblance des dialogues, on se prend à croire que tout est vrai. On oublie la création. On se convainc que René Bousquet et Pierre Laval se sont bien échangé ces mots, à Fresnes, en 1945, dans la cellule de l'ancien chef du gouvernement de Vichy, à la veille de sa condamnation à mort. On se persuade que leurs plaidoiries pro domo se sont jouées telles que les raconte Robert Badinter, l'auteur de cette pièce intitulée Cellule 107, publiée dans un recueil Théâtre I (Fayard). Le combat pour l'abolition de la peine de mort a occulté des pans entiers de la vie de l'ancien ministre de François Mitterrand, qui se présente à nous, avec ce nouveau livre, comme un « accro » au théâtre, qui, dans le passé, a même siégé au comité de lecture de la Comédie-Française.

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La pièce : en octobre 1945, un échange ? véritable ? eut lieu entre Pierre Laval et René Bousquet, sans témoin. Connaisseur de la période pour l'avoir vécue et étudiée, Badinter, 92 ans, a imaginé un dialogue dont la force tragique nous amène à croire qu'il ne doit pas être éloigné de la réalité. Les deux hommes [...] Lire la suite