Du 1er malade aux confinements, puis l'arrivée des vaccins: 2020, "l'année Covid"

Cyrielle Cabot
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Photo prise à Paris, devant le Panthéon, en plein confinement, le 19 mars dernier. - AFP
Photo prise à Paris, devant le Panthéon, en plein confinement, le 19 mars dernier. - AFP

Le 31 décembre 2019, minuit. Les feux d'artifice éclatent dans le ciel pendant que, partout, on célèbre le passage à une nouvelle décennie. Comme d'habitude, chacun réfléchit à ses bonnes résolutions et à ses espoirs pour l'année 2021, bien loin d'imaginer ce que celle-ci allait réserver.

Ces douze derniers mois, la planète aura vécu dans l'ombre de la pandémie de coronavirus. Plus de 1,7 million de personnes sont mortes tandis que 80 millions ont contracté le Covid-19, un bilan certainement sous-estimé. Quatre milliards de personnes ont été mises sous cloche, confinées chez elles pendant de longues semaines. Il a fallu s'habituer à travailler chez soi, à faire l'école à la maison. Le masque n'est plus l'apanage des soignants mais est devenu un objet du quotidien.

Depuis le premier patient mort du coronavirus à Wuhan en Chine à l'arrivée des premiers vaccins, BFMTV.com revient sur cette année si particulière.

• Janvier: 27 cas d'une mystérieuse pneumonie à Wuhan, en Chine

Le 31 décembre, justement, les autorités chinoises annoncent 27 cas de pneumonie virale d'origine inconnue à Wuhan, dans le centre de la Chine. En France, quelques médias relaient l'information de façon confidentielle, sans imaginer une seule seconde que cette ville ferait bientôt la Une.

Une semaine après, les responsables chinois annoncent qu'un nouveau virus a été isolé. Il est alors baptisé 2019-nCov. Le 11, le coronavirus fait son premier mort à Wuhan. Dans les jours qui suivent, les premiers cas apparaissent à travers l'Asie, en France et aux Etats-Unis.

Fin janvier, les 50 millions de résidents de la province de Wuhan sont placés en quarantaine. Sur les télévisions, on découvre les premières images de cette grande ville asiatique totalement vide.

L'image d'un homme mort sur un trottoir de Wuhan, encore masqué, un sac plastique à la main, témoigne de la terreur qui s'est emparée de la ville, même si aucun responsable chinois n'a jamais confirmé la cause exacte de son décès.

• Février: l'OMS nomme le virus Covid-19

Pendant que Wuhan se confine, les pays commencent à rapatrier leurs ressortissants de Chine. La France organise alors des évacuations aériennes directes, sous la supervision d'équipes médicales. Malgré toutes les précautions, le 24 janvier, la ministre de la Santé d'alors, Agnès Buzyn, annonce les premiers cas de coronavirus sur le sol français, des ressortissants qui étaient rentrés de Chine après avoir séjourné à Wuhan.

Le 11 février, l'OMS désigne officiellement ce nouveau mal: c'est la première fois que l'on utilise le terme Covid-19. Quatre jours plus tard, la France annonce le premier décès de la maladie sur son sol.

• Mars: l'Europe se confine, l'Italie devient l'épicentre de la maladie

Alors que l'Italie devient d'abord l'épicentre de la maladie en Europe, rapidement, le nombre de cas augmentent partout sur le continent. Le 14 mars, Edouard Philippe, alors Premier ministre, annonce la fermeture "de tous les lieux "recevant du public non indispensables à la vie du pays".

Les restaurants, bars, discothèques, cinémas sont appelés à fermer leurs portes ainsi que tous les magasins considérés comme "non-essentiels". Le 17 mars, après la tenue du premier tour des élections municipales, la France, comme ses voisins italiens, espagnols et britanniques, entre en confinement.

Dans le pays, on découvre alors les images des rues totalement désertées. Elles reprennent uniquement vie le soir, à 20 heures, lorsque chacun applaudit à sa fenêtre les soignants qui luttent quotidiennement contre le virus dans des hôpitaux débordés.

Le quotidien des Français est transformé. Le télétravail devient la norme. Les enfants découvrent l'école à la maison. Les soirées entre amis deviennent des "apéros-zooms". Embrassades, étreintes et même poignées de mains ne sont plus que des souvenirs.

• Avril: le monde sous cloche

Mi-avril, 3,9 milliards de personnes, la moitié de l'humanité, vivent une forme ou une autre de confinement. De Paris à New York, de Delhi à Lagos et de Londres à Buenos Aires, les rues sont vides.

Dans une économie mondialisée, les chaînes d'approvisionnement sont à l'arrêt provoquent une ruée des consommateurs paniqués sur les rayons des supermarchés: pâtes, farine, oeufs ou encore papier toilette, se raréfient.

Les aéroports eux-aussi sont totalement à l'arrêt. Pour la première fois, la quasi totalité des avions sont cloués au sol à l'exception des vols de rapatriement.

Les Etats-Unis, l'une des principales économies au monde mais sans couverture de santé universelle, deviennent rapidement le pays le plus touché - près de 330.000 décès y sont comptabilisés en cette fin d'année - mais le président Donald Trump a constamment balayé la menace, promouvant d'hypothétiques traitements comme l'hydroxychloroquine, ou même l'idée de se soigner à l'eau de javel...

• Mai: les Etats-Unis lancent la course aux vaccins

Dès le mois de février, la société pharmaceutique allemande, BioNTech, met de côté ses recherches sur le cancer pour se concentrer sur un nouveau projet. Son nom: "Vitesse de l'éclair". L'objectif: trouver le plus rapidement possible un vaccin contre le Covid-19.

En mai, les Etats-Unis lancent l'Opération Warp Speed, allouant 11 milliards de dollars pour le développement d'un vaccin d'ici la fin de l'année. Donald Trump l'évoque comme l'effort américain le plus massif depuis le développement de la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale.

• Juin: le - bref - retour à la liberté

Le 2 juin, la France entre dans sa deuxième phase de déconfinement, entamé le 11 mai. Les restrictions concernant les déplacements, les cafés, restaurants et parcs sont largement assouplies. Pour beaucoup, c'est le moment de retrouver le monde extérieur à l'approche de l'été.

• Juillet et août: un été en France

Durant l'été, le coronavirus parvient presque à se faire oublier. Les Français, bien décidés à profiter de cette période après des semaines de confinement, partent en vacances. Et pour beaucoup, c'est l'occasion de (re)découvrir les paysages et le patrimoine français.

Dans le même temps, le pays entre dans une politique massive de tests. L'image qui restera de cet été sera aussi celle des longues files d'attente devant les laboratoires en attente d'un dépistage Covid-19.

• Septembre: une rentrée sous pression

La trêve de l'été est de courte durée. Septembre est marqué partout en Europe par un bond dans les contaminations au Covid-19. Dans le monde, on dénombre alors plus de 30 millions de cas, selon un comptage AFP.

En France, alors qu'il était déjà rendu obligatoire depuis le mois d'août dans tous les lieux publics, le port du masque se généralise aussi dans la rue et au travail. Les élèves font leur rentrée sous un protocole sanitaire précis tandis que dans les universités, les étudiants doivent composer avec un système hybride mi-présentiel, mi-distanciel.

• Octobre: la deuxième vague touche l'Europe

En octobre, le nombre de cas enregistrés s'envole partout en Europe, notamment en Espagne et en France. En Italie, cinémas, théâtres, salles de gym et piscines referment dès la fin octobre. Les bars et restaurants, eux, doivent cesser de servir après 18 heures. L'Espagne adopte un couvre-feu. Le gouvernement irlandais annonce quant à lui un reconfinement à partir du 21 octobre pour six semaines.

Le 22 octobre, la France entre pour sa part dans une période de couvre-feu de 21 heures à 6 heures. Les 46 millions de Français ont désormais interdiction de sortir de chez eux le soir, sauf raison valable.

• Novembre: l'Europe reconfinée

La France, le Royaume-Uni mais aussi l'Autriche, le Portugal ou encore l'Espagne et l'Italie: tous les pays d'Europe se reconfinent progressivement au cours du mois de novembre pour lutter contre la deuxième vague de coronavirus, perçue comme encore plus violente que la première.

De l'autre côté de l'Atlantique, on se souviendra par ailleurs de ces images des Américains partis fêter Thanksgiving, faisant fi des recommandations des autorités sanitaires alors que le pays est touché de plein fouet par la deuxième vague de la pandémie. Deux semaines après, le pays enregistrait 220.000 nouvelles infections au Covid-19 en 24h et 2500 morts liées à la maladie.

• Décembre: l'espoir d'un vaccin

Mais cette année - avouons-le, bien difficile - se termine sur une note d'espoir. Le 8 décembre, la vaccination démarre au Royaume-Uni, qui devient le premier pays occidental à déployer sa campagne. Les Etats-Unis suivent le 14 décembre.

Le 21 décembre, l'Agence européenne des médicaments valide à son tour le vaccin Pfizer/BioNTech permettant finalement à la France de démarrer sa campagne le 27 décembre.

Et l'année 2020 se termine sur une bonne nouvelle: l'agence britannique du médicament a approuvé la mise en circulation du vaccin AstraZeneca élaboré par les scientifiques de l'université d'Oxford: peu coûteux et bien plus facile à déployer à grande échelle que le vaccin Pfizer/BioNTech, il suscite désormais beaucoup d'espoir pour enrayer la pandémie de Covid-19.

Article original publié sur BFMTV.com