1er-Mai: la mobilisation intersyndicale éclipsée par les politiques et les violences

Incidents opposant les forces de police à des groupes de jeunes en marge de la manifestation du 1er mai 2022 à Paris - Alain JOCARD © 2019 AFP
Incidents opposant les forces de police à des groupes de jeunes en marge de la manifestation du 1er mai 2022 à Paris - Alain JOCARD © 2019 AFP

Pour un 1er mai, la mobilisation de ce dimanche a été supérieure à celle de l'an dernier dans l'ensemble de la France. C'est en tout cas ce qu'a revendiqué la CGT, en comptant 210.000 manifestants, dont 50.000 à Paris. Ils étaient 116.500 selon les estimations du ministère de l'Intérieur pour toute la France, dont 24.000 pour la capitale. Et 21.000 dans le cortège parisien selon le décompte indépendant d'Occurrence."Une semaine après l'élection du président de la République, c'est plus qu'important qu'il y ait du monde dans la rue", se réjouissait au micro de BFMTV le patron de la CGT Philippe Martinez.

Les mots d'ordre syndicaux étaient la hausse des salaires, le maintien des services publics, la protection sociale, et une politique de transition écologique. Mais les syndicats, qui avaient particulièrement à coeur de s'opposer à la réforme des retraites, se sont fait voler la vedette ce dimanche dans la capitale, dans un cortège très politique.

Une union de la gauche aux législatives?

Les têtes étaient en effet tournées vers les élections législatives. Jean-Luc Mélenchon estimant son mouvement de La France insoumise être "à quelques millimètres" d'un accord avec toute la gauche. Dans la nuit de dimanche à lundi, les insoumis et les écologistes ont finalement conclu un accord, qualifié "d'historique" par les responsables des deux formations politiques.

Quant aux socialistes et aux communistes, il faudra attendre ce lundi et la reprise des négociations. Mais au micro de BFMTV dans le cortège parisien, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure se disait prêt à trouver un accord.

"Il faut y arriver parce qu'il y a des gens qui en ont besoin. Ils veulent une gauche efficace, qui dit: 'on a compris et on avance ensemble'." 876450610001_6305482945112

Preuve d'un rapprochement: le socialiste et Jean-Luc Mélenchon ont offert à leurs militants une poignée de mains devant les caméras. Un geste symbolique encore inimaginable il y a quelques années.

Violences: au moins 50 interpellations

Mais l'image a vite été chassée par une autre: celle d'un pompier agressé par une manifestante alors qu'il tentait d'éteindre un incendie de palette.

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Vitrines brisées, murs tagués: des dizaines d'agences bancaires ou immobilières, de sociétés d'assurance, mais aussi un magasin bio et un restaurant McDonald's ont été vandalisés, et des affrontements ont émaillé le parcours avec des grenades lacrymogènes répondant à des jets de projectiles entre la Place de la République et la Place de la Nation.

Ces incidents ont conduit le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à dénoncer des "violences inacceptables" commises par des "casseurs". Son cabinet a fait état de huit blessés parmi les policiers et gendarmes. Le ministre a fait état de 54 interpellations.

Les violences "parasites" du 1er-Mai "invisibilisent les syndicats et servent de propagande à nos pires adversaires", a tweeté le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui s'en est pris au préfet de police Didier Lallement, "incapable de garantir le droit de manifester en paix" selon lui.

"L'absence de propos de soutien" aux forces de l'ordre et aux pompiers "est particulièrement insultante", lui a répondu Gérald Darmanin lors d'un point presse depuis la préfecture de police.

Article original publié sur BFMTV.com

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