1944: la France sous les bombes des Alliés

On l’oublie souvent. À peu près 60 000 Français, soit autant que de Britanniques, sont morts sous les bombes durant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, si le Blitz est omniprésent dans notre représentation de la ténacité de Londres face aux nazis, les bombes alliées, elles, n’ont laissé le plus souvent qu’un souvenir local, au point que beaucoup ignorent combien le destin de leur ville fut partagée par d’autres, dans tout l’Hexagone.

Vingt pour cent des bombes étasuniennes et britanniques larguées pendant le conflit en Europe se sont abattues sur la France. À ces 500 000 tonnes, il faut en ajouter 75 000 allemandes, au début du conflit, à Dunkerque notamment. Quatre-vingt-dix pour cent des bombes alliées sont tombées durant l’année 1944, tant lors de la préparation que dans les suites des débarquements de Normandie le 6 juin et de Provence le 15 août. Elles font 40 000 morts, soit 70% des victimes de ce type sur l’ensemble du conflit. Leur plus faible létalité cette année-là – en proportion – tient surtout à la meilleure préparation de la population, qui a désormais des habitudes de protection et est prévenue du passage des bombardiers.

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