19 morts, chauffage défectueux: ce que l'on sait de l'incendie meurtrier du Bronx

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Des pompiers devant l'immeuble ravagé par un incendie, dans le Bronx.  - AFP
Des pompiers devant l'immeuble ravagé par un incendie, dans le Bronx. - AFP

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Le drame s'est produit dans un immeuble du coeur du Bronx dimanche matin, surprenant ses habitants en plein sommeil ou durant leur petit-déjeuner. Les flammes ont dévoré cet édifice de 19 étages, pour un bilan qui s'élève ce lundi à 19 morts. Au lendemain de la tragédie, l'enquête se poursuit et les autorités locales tentent de faire face et d'apporter leur aide aux survivants.

Certains éléments apparaissent déjà avec plus de netteté cependant, comme le montre ce récit du New York Times. Du déroulement des faits au profil des victimes en passant par l'origine probable du feu, voici ce que nous savons de ce qui est décrit par les médias locaux comme l'incendie le plus meurtrier à New York depuis plusieurs décennies.

• Que s'est-il passé?

C'est ce dimanche matin qu'un incendie s'est déclaré dans un immeuble de 19 étages du Bronx, plus précisément dans la zone de Fordham Heights, dans la partie Ouest du célèbre quartier new yorkais.

D'après les premières informations, le feu est né d'un dysfonctionnement d'un chauffage d'appoint dans un appartement du 3e étage du bâtiment. D'après des confidences recueillies par le New York Times auprès des pompiers intervenus sur les lieux, l'accessoire fonctionnait depuis plusieurs jours - sans interruption - en plus du chauffage général.

• Quel est le bilan précis du drame?

Ce lundi, les statistiques officielles évoquent 19 morts, dont neuf enfants. Et le bilan pourrait encore s'alourdir car à ces morts, il fallait encore ajouter dimanche soir 44 blessés, dont 13 graves.

Auparavant, lors de son point-presse initial, le nouveau maire de New York Eric Adams avait listé 63 blessés. 30 personnes se trouvent encore hospitalisés.

• Comment expliquer un bilan aussi lourd?

Trois facteurs ont participé à l'aggravation du bilan humain. Le premier tient au comportement, dicté par la panique, des habitants de l'appartement où l'incendie trouve son origine. En effet, après que des flammes ont commencé à jaillir du chauffage d'appoint qui se trouvait dans l'une des chambres, les occupants ont quitté les lieux au plus vite et ce, sans penser à refermer la porte derrière eux.

Le détail peut paraître dérisoire au regard de l'événement mais il a favorisé la propagation de la fumée dans tous les étages et le progrès rapide du feu.

"La fumée s'est répandue dans tout l'immeuble, d'où l'effroyable perte en vies humaines et le nombre de gens qui se battent actuellement pour leur vie", a ainsi pointé Daniel A. Nigro, chef des pompiers de la Ville, auprès du site d'information local Spectrum News - NY1.

La structure de l'immeuble présente une difficulté supplémentaire. Construit en 1972, il ne disposait ni d'issue de secours ni de porte coupe-feu. Pour échapper au feu, il n'y avait donc qu'une seule solution: prendre les escaliers.

Enfin, si les autorités ont rapporté que le système d'alarme avait fonctionné, sa sensibilité coutumière semble aujourd'hui avoir joué son rôle dans la tragédie. Le quotidien new-yorkais rapporte encore que, selon certains des riverains interrogés, les alarmes pouvaient retentir "cinq à six fois par jour" sans raison particulière. Aussi, lorsqu'elles ont sonné dimanche matin, elles n'ont pas provoqué de réaction immédiate.

• Qui sont les victimes?

Le bilan humain demeure pour l'heure incertain, en raison non seulement de la santé précaire de certains survivants mais aussi du profil des locataires.

Les occupants de ce bâtiment des hauteurs de Fordham étaient pour beaucoup d'origine étrangère. Hispaniques pour certains, d'ascendance africaine plus fréquemment, et tout particulièrement issus de la communauté musulmane gambienne.

Or si Eric Adams a d'ores et déjà promis que la ville dont il a la responsabilité apporterait tout son soutien aux victimes, les autorités municipales craignent que ces états-civils soient un frein pour les secours. On redoute ainsi que des blessés sans papiers aient choisi de ne pas se signaler ou à se faire soigner. C'est pourquoi le maire de New York a très officiellement promis que les éventuels clandestins ne seraient pas dénoncés aux services fédéraux d'immigration.

• Le pire incendie en 30 ans

L'incendie de dimanche matin est donc le pire que New York ait connu depuis plusieurs décennies. Plus précisément, depuis 32 ans. Le précédent, raconté par le New York Daily News, remonte au 25 mars 1990 et avait fait 87 morts.

Il a eu lieu au Happy Land, une boîte de nuit clandestine, dépourvue d'arroseur et dont certains issues se sont révélées désespérément bloquées à l'instant T. Mais l'origine de cet incendie était alors criminelle: un dénommé Julio Gonzalez avait décidé de se venger de son ex-fiancée qui y travaillait en mettant le feu.

Article original publié sur BFMTV.com

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