1871, Paris assiégée, Paris affamée, Paris étranglée

Par François-Guillaume Lorrain
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Combats près du mont Valérien pendant la guerre de 1870, peints par Franz Amling (1853-1894). 
Combats près du mont Valérien pendant la guerre de 1870, peints par Franz Amling (1853-1894).

Il y a 150 ans exactement prenait fin le seul siège en règle qu'a subi Paris dans son histoire. Et pourtant, hormis quelques images d'Épinal, ces cent trente-cinq jours, du 4 septembre 1870 au 28 janvier 1871, ont été mal étudiés, pris en sandwich entre la défaite militaire de Sedan, la proclamation de la République le 4 septembre, et la Commune, qui s'insurge en mars 1871. Ces images, expédions-les : ce sont pêle-mêle les repas de rats et d'éléphants d'une population affamée, les ballons qui s'envolent de Montmartre pour rejoindre la province, les pigeons qui font office de poste?

Dans Le Siège de Paris, Frédéric Mounier va bien au-delà grâce à une chronique documentée aux meilleures sources et orchestrée allegro vivace, en 65 brefs chapitres, tel un reportage qui se déplacerait sur les multiples fronts d'opération intra-muros et autour de la capitale. Cent cinquante ans plus tard, on s'y croirait tant le récit est vivant, bien mené, truffé de détails et de citations des témoins et acteurs. Étrange stratégie d'un gouvernement de défense nationale qui décida de s'enfermer derrière ses murailles et ses forts en attendant un ennemi qui a bien préparé son coup et décidé de bloquer tout ravitaillement pour laisser s'éteindre la ville comme une bougie, en se gardant bien de déclencher une offensive périlleuse.

Les exhortations de Hugo

Il y a les Parisiens aisés qui s'enfuient, déjà ! Les banlieusards effrayés par les Prussiens qui viennent se réfugier dans la vill [...] Lire la suite