A 18 ans, Raphaëlle Rosa passe son bac et se présente aux législatives

Après avoir distribué des tracts sur le marché d'Hayange (Moselle) jeudi matin, Raphaëlle Rosa rentre chez elle réviser le bac de philosophie, avant de repartir dans l'après-midi coller des affiches: à 18 ans, elle est la plus jeune candidate de France aux législatives, investie par Les Républicains.

"Je serai une députée de terrain", affirme la jeune femme, qui, si elle est élue le 19 juin, souhaite "représenter la jeunesse et les habitants" d'Hayange, ville symbole de la désindustrialisation dirigée par le Rassemblement national depuis 2014.

Un peu plus loin dans les allées du marché, le candidat du Rassemblement national, Laurent Jacobelli, porte-parole de Marine Le Pen, fait aussi campagne.

Pas question pour Raphaëlle Rosa de "se laisser impressionner" par ce poids lourd du RN: il est peut-être "en terrain conquis par l'extrême droite" mais il est selon elle "parachuté" dans cette 8e circonscription de la Moselle, où neuf candidats sont en course.

"Il ne connaît pas les habitudes des gens, ce que c'est de vivre ici au quotidien", souligne-t-elle, dans une circonscription de 130.000 habitants qui compte près de 20% de ménages pauvres.

"Vive la jeunesse!", lance un commerçant, alors que la benjamine des candidats, qui a soufflé ses 18 bougies le 10 avril, tend des tracts aux passants. Plusieurs saluent l'engagement de cette candidate novice.

"Et pourquoi pas ? Qu'on change les vieux!", s'exclame ainsi Marthe Freywald, retraitée de 78 ans. "Les jeunes ont plus de cervelle que les vieux", abonde un peu plus loin Danielle Launoy, 67 ans, elle aussi retraitée, qui verrait d'un bon oeil l'arrivée de jeunes députés à l'Assemblée nationale. Le sortant, Brahim Hammouche (Modem), est lui âgé de 51 ans.

- "Garder les pieds sur terre" -

Et pour Sandra Marquant, si 18 ans c'est "un peu jeune" pour se présenter, "il faut du renouveau" en politique. La jeune femme de 29 ans, en recherche d'emploi dans la vente, trouve en effet "normal" pour sa génération "d'être représentée par des jeunes".

"Malgré son âge, Raphaëlle Rosa porte très bien les valeurs et les projets" des Républicains, estime Fabien Di Filippo, président de la fédération LR de Moselle, lui-même député et candidat à sa réélection dans la 4e circonscription du département.

"On ne peut pas refonder notre famille politique comme elle doit l'être si on revient toujours avec les mêmes visages et certaines figures qui ont déçu", insiste l'élu. "Cela montre que la droite républicaine est capable de faire monter des jeunes".

Vers midi, alors que les commerçants commencent à plier bagage, Raphaëlle Rosa rentre chez elle réviser la philosophie, l'épreuve du bac a lieu le 15 juin, puis elle repart dans l'après-midi coller des affiches sur les panneaux électoraux.

Ses journées chargées sont organisées à l'heure près, mais elle ne voit pas les révisions comme une contrainte, estimant au contraire qu'étudier l'aide "à garder les pieds sur terre".

Elle souhaite intégrer une université parisienne en septembre, en droit ou en sciences politiques, et si elle n'est pas élue cette année, elle ne compte pas pour autant arrêter la politique, "un métier qui s'apprend sur le terrain".

- Ses modèles, Chirac et Dati -

Les discussions en famille l'ont poussée à s'intéresser à la politique et à prendre sa carte chez Les Républicains dès l'âge de 15 ans, alors que ses parents et cousins votent "plutôt à gauche", raconte-t-elle.

Ses modèles en politique sont Jacques Chirac, un "homme passionnant", et Rachida Dati, "une femme extraordinaire qui a réussi à se forger toute seule".

Raphaëlle Rosa affirme vouloir "défendre les valeurs de la droite républicaine", se dit "profondément attachée au gaullisme" et juge que la droite ne doit "pas baisser les bras" malgré le mauvais score de Valérie Pécresse au premier tour de la présidentielle (4,7%).

"Raphaëlle a baigné dans un environnement où il y a du débat" et "son choix de parti lui appartient", ajoute son père, Robert Rosa, 51 ans, dont le coeur penche plutôt à gauche. S'il est "fier" de sa fille qu'il "soutient", il ne cache toutefois pas son "angoisse de parent" et "reste vigilant car la politique est un monde cruel".

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