17 marins-pêcheurs portés disparus dans l'Arctique russe

Hugo Septier avec AFP
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Le port de Mourmansk, en Russie - Image d'illustration  - Alexander Nenemov - AFP
Le port de Mourmansk, en Russie - Image d'illustration - Alexander Nenemov - AFP

Leurs chances de survie sont minimes. Ce lundi, 17 marins étaient portés disparus après le naufrage d'un navire de pêche dans l'Arctique russe, une région inhospitalière, difficile d'accès, et aux conditions météorologiques extrêmes.

Selon le ministère russe des Situations d'urgence, le navire "Onega" basé à Mourmansk, grand port de l'Arctique russe, a lancé des signaux de détresse au petit matin avant de couler au large de l'archipel de la Nouvelle-Zemble, dans la mer de Barents, où il pêchait en pleine tempête.

"L'équipage est composé de 19 personnes. Deux personnes ont été sauvées", a ajouté le ministère, cité par l'agence de presse publique TASS.

Entre tempête, vents violents et températures oscillant entre -30°C et -20°C dans la zone du naufrage, les chances de survie de l'équipage tombé à la mer sont très faibles.

"Aucune chance de résister"

Ces conditions difficiles rendent impossible l'utilisation de l'aviation pour les opérations de sauvetage, amenuisant les chances des naufragés.

Un navire procède actuellement aux opérations de recherche et trois autres sont en route mais ne devraient être sur les lieux que dans trois à six heures, selon les autorités, qui précisent que la cause du naufrage est "le givrage" du bateau.

"Il n'y a pratiquement aucune chance de résister dans de telles conditions, même en combinaison", a relevé une source interrogée au sujet du sort des naufragés par l'agence Interfax.

Emportés du pont

Selon cette source, les deux marins secourus souffrent d'engelures mais leur vie n'est pas en danger.

"Selon les informations préliminaires, il n'y a pas de survivants, à l'exception des deux marins secourus. Le navire couvert de glace a coulé instantanément lors d'une tempête, ne laissant presque aucune chance de survie dans l'eau glacée", a confirmé une autre source à l'agence TASS.

"Les conditions météorologiques sont: glace et gel rapide des navires", a abondé Dmitri Skiba, l'un des responsables des opérations de sauvetage dans la région, cité par l'agence Interfax.

Contacté par l'AFP, le ministère des Situations d'urgence s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat.

Une autre source, citée par Interfax, précise que les marins étaient en combinaison spéciale mais n'avaient pas eu le temps de se saisir de leur équipement de survie car le navire a coulé très rapidement, en pleine tempête "au moment où l'équipage a soulevé le filet avec la prise".

"Les gens ont été littéralement emportés du pont du navire dans la mer", a déclaré cette source.

Succession de drames

Selon les autorités régionales, le navire "Onega" appartient à l'entreprise de pêche Kalinine, qui se revendique "l'un des principaux exportateurs de produits de la pêche de Russie", selon son site internet.

En janvier 2018, un navire de pêche russe avec 21 personnes à bord avait coulé en mer du Japon, sans qu'aucun survivant ne soit retrouvé après cinq jours d'opérations de recherches par des températures glaciales et des vents violents.

En avril 2015, le naufrage d'un chalutier-congélateur russe dans la même région avait fait au moins 56 morts.

Dans la mer de Barents, 14 officiers russes avaient trouvé la mort en juillet 2019 dans l'incendie de leur sous-marin, un accident dont les circonstances n'avaient pas été révélées par les autorités au nom du "secret d'Etat."

La Russie a de grandes ambitions pour l'Arctique, où elle espère devenir la première puissance économique et militaire tout en profitant du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, qui devrait ouvrir de nouvelles routes commerciales dans le Grand Nord.

Au-delà de la pêche, les entreprises russes y exploitent d'importants gisements de pétrole et de gaz, de charbon et de minerais précieux.

Article original publié sur BFMTV.com