13-Novembre : la femme qui a dénoncé le cerveau des attentats

Sa nouvelle identité est gardée secrète par les autorités. L'anonymat est sa première protection. Sa vie a basculé deux jours après les attentats du 13 novembre 2015, lorsqu'elle a appris où se cachait Abdelhamid Abaaoud, chargé par Daech de coordonner les attaques. Elle a prévenu la police. Une évidence qu'elle n'a jamais regrettée. Cette mère de famille n'a jamais eu aucun lien avec la mouvance jihadiste, mais à l'époque, elle héberge la cousine d'Abdelhamid Abaaoud, Hasna Aït Boulahcen. Elle lui demande de la conduire à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour aider l'un de ses cousins. Elle tombe alors nez à nez avec Abdelhamid Abaaoud, qui se cache dans un buisson. Les déménagements fréquents rendent le quotidien compliqué Selon le journaliste Romain Boutilly, qui a réalisé l'interview, l'une de ses dernières, elle n'a pas compris immédiatement que sa vie allait basculer. Avec ses proches, elle a dû pourtant faire une croix sur son passé. Nouveaux noms, déménagements fréquents... L'État verse un revenu chaque mois à ce témoin protégé, mais son quotidien est particulièrement compliqué, selon son avocate. Grâce à son témoignage, Abdelhamid Abaaoud a pu être neutralisé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), cinq jours après les attentats. Selon les enquêteurs, il s'apprêtait à commettre une nouvelle attaque à La Défense (Hauts-de-Seine).