Leur 12 janvier 2010, leur 12 janvier 2020 : les Haïtiens témoignent

Propos recueillis par Valérie Marin La Meslée

En 2014, Fokal a fait appel à l’artiste Pascale Monnin pour la réalisation d’une œuvre destinée au mémorial du parc de Martissant.  

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre ravageait le pays, faisant 200 000 morts et blessant 300 000 personnes. Quatre témoins racontent leur décennie.


Dix ans après le séisme du 12 janvier qui a meurtri la terre haïtienne, ces quatre témoignages bouleversants montrent le terrible statu quo du pays et de l'état d'esprit de ceux qui, de l'intérieur comme de l'extérieur d'Haïti, ont vécu cette décennie muette, demeurant dans l'attente d'un futur incertain. Comme le disait l'écrivain Lyonel Trouillot, dont nous redonnons à lire deux chroniques parues en 2010 sur le site du Point puis réunies dans le livre Haïti parmi les vivants (Actes Sud-Le Point, 2010) : « Mais pour le pays, le pire est de ne pas sortir du pire. Le pire : ne pas changer ce qui mérite d'être changé, ne pas créer plus de justice, de bien-être et d'équité ; et perdre ce qui fait ses fondements humains : solidarité, principes humanistes de sa culture (tout moun se moun).  » Par leurs engagements, nos témoins, et tant d'autres, prouvent du moins que tous les principes ne sont pas enterrés sous les décombres. 


Frantz Duval, directeur de la rédaction du quotidien haïtien Le Nouvelliste

Mon 12 janvier 2010 est une belle journée. Jusqu'à 16 h 53, quand la chose se produit. Au début, je ne sais pas de quoi il s'agit. Je n'ai aucune idée de l'ampleur de la catastrophe. Je suis au Champ-de-Mars, à l'hôtel Le Plaza, au cœur de Port-au-Prince. En ce lieu, il n'y a pas de dégât. Quand je sors, c'est d'abord la nappe de poussière qui recouvre la place qui m'impressionne. Et les gens à genoux en train de prier. Les chauffeurs ayant abandonné leur véhicule en pleine rue, la circulation automobile est impossible. Je décide de me rendre à pied au journal Le Nouvelliste, situé à quelques rues. Il n'y a ni pleurs ni cris. Pas encore de panique. Simplement de la stupeur. À deux pas, c'est l'image de l'immeuble de sept étages (...) Lire la suite sur LePoint.fr

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