110km/h: l'ingénieur Jean-Marc Jancovici favorable à l'abaissement de la vitesse sur les autoroutes

L'ingénieur et conférencier Jean-Marc Jancovici était l'invité d'Apolline de Malherbe lors du Face à face de BFMTV et RMC, jeudi 17 novembre. - BFMTV
L'ingénieur et conférencier Jean-Marc Jancovici était l'invité d'Apolline de Malherbe lors du Face à face de BFMTV et RMC, jeudi 17 novembre. - BFMTV

Le gouvernement se refuse à abaisser la vitesse sur l'autoroute à 110km/h. Mais la mesure reste défendue par certains, dont l'ingénieur et conférencier Jean-Marc Jancovici, spécialiste de la transition énergétique, invité d'Apolline de Malherbe sur BFMTV-RMC ce jeudi.

Le président du Shift Project, association qui vise à réduire l'usage des énergies fossiles, considère que la limitation de la vitesse maximale sur les grands axes routiers n'est pas un problème dans les autres pays qui l'ont déjà mis en place.

"Il y a déjà plein de pays qui sont à des limitations de vitesse de cet ordre et je n'ai pas l'impression que les gens s'y suicident, je n'ai pas l'impression qu'ils soient extrêmement malheureux", justifie-t-il notamment.

Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède et le Brésil font notamment partie des pays ayant une vitesse maximale égale ou proche des 110km/h sur l'équivalent de nos autoroutes.

"Tout dépend de la pédagogie du problème"

Jean-Marc Jancovici minimise la possibilité d'une grogne sociale en réaction à l'instauration d'une telle mesure, à l'instar des critiques qui avaient émergé de l'abaissement de la vitesse de 90 à 80 km/h sur certaines routes et qui font que le gouvernement est aujourd'hui frileux sur la question des 110km/h.

"Tout dépend de la pédagogie du problème mais je pense que les gens ne sont pas complètement idiots", tance le spécialiste.

Selon lui, la question doit être présentée aux Français de façon à souligner l'enjeu de la situation: "De toute façon, il va falloir faire avec moins de pétrole: est-ce que vous préférez qu'il y en ait un peu pour tout le monde et on roule à 110 ou que ce qui peuvent, qui ont les moyens, roulent à 130 et les autres pas du tout. Qu'est-ce que vous préférez?"

L'ingénieur rappelle également qu'à 130 km/h, on consomme en moyenne 20% de carburant en plus qu'à 110km/h. Si la conséquence directe est une diminution des émissions de CO2 dans l'atmosphère, il souligne également le "problème social" que pose la non-réduction de la vitesse maximale et donc moyenne sur les routes car "ça en laisse moins pour les autres si la quantité totale [de pétrole] est finie.

Article original publié sur BFMTV.com