"1000 premiers jours": une campagne pour répondre aux questions des jeunes et futurs parents

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Un bébé dans les bras d'une femme (Photo d'illustration). - Flickr- CC Commons - Jean-Christophe Jacques
Un bébé dans les bras d'une femme (Photo d'illustration). - Flickr- CC Commons - Jean-Christophe Jacques

"Devenir parents, c'est aussi se poser des questions". Santé Publique France a lancé fin octobre le projet des "1000 premiers jours", avec l'arrivée d'une campagne d'affichage et des spots publicitaires en ce début novembre, mais aussi d'un site. Il est destiné à répondre aux questions des jeunes parents ou futurs parents, de l'alimentation aux comportements à avoir en passant par des problématiques de sécurité.

"De la grossesse à 2 ans, les 1000 premiers jours sont une période extraordinaire et déterminante", explique le site, une période qui entraine "de nombreuses questions et interroge nos habitudes de vie". Des interrogations auxquelles SPF répond avec l'aide de médecins et de spécialistes de l'enfant.

"Être parent, ce n’est pas inné", explique à FranceInfo Adrien Taquet, secrétaire d'État à l'Enfance, qui a contribué à lancer cette campagne. "Il y a des informations qui viennent d’un peu partout. On a toujours un copain, une copine, une belle-mère qui nous disait comment il fallait faire. C’est toujours le cas, je vous rassure. Mais là en plus, il y a les réseaux sociaux", qui peuvent apporter des informations incomplètes, voire fausses. Ce à quoi doit remédier la plateforme.

Pourquoi "1000 premiers jours"?

Les informations publiées s'adressent à la "période de 1000 jours qui va du 4e mois de grossesse aux 2 ans de l’enfant - et même plus largement, du projet parental à l’entrée à l’école" avait expliqué début octobre Adrien Taquet. Il fait valoir qu'il s'agit d'une période "fondamentale pour le développement de l’enfant".

"C'est une période de grande sensibilité, à la fois de vulnérabilité, par la fragilité et l'immaturité des organes de l'enfant, et en même temps d'une formidable opportunité puisque l'enfant va déjà interagir avec son environnement", avait déclaré Thierry Cardoso, responsable de l'unité périnatalité et petite enfance de SPF, sur leur page.

"On sait aujourd’hui que les trois premières années de la vie sont déterminantes non seulement pour le développement de l’enfant mais aussi pour la santé globale de l’adulte qu’il deviendra", explique SPF, qui précise que ce concept des 1000 jours vient de l'UNICEF (Fonds des nations unies pour l'enfance). Ainsi, dans des environnements difficiles, par exemple violents, quand les bébés sont "soumis à des forts stress chroniques, on peut avoir une augmentation du risque de maladies chroniques, à l'enfance, à l'adolescence, et à l'âge adulte", déclare Thierry Cardoso.

Post-partum, perturbateurs endocriniens, alcool ou encore conseils aux proches

Il est possible de trouver des réponses à ses questions sous plusieurs formes: en cliquant sur les différentes pièces de la maison - dans la partie cuisine on retrouve ainsi des conseils d'alimentation pour la grossesse mais aussi pour le bébé - mais aussi dans les rubriques proposées, comme "devenir parent" ou encore "être accompagné".

Les réponses traitent aussi bien des comportements pendant la grossesse qu'après, de l'alimentation du bébé à la dépression post-partum. Certaines questions de parents sont également à la une, permettant d'éclairer des cas particuliers: la difficulté de ne pas boire d'alcool pendant sa grossesse, les réactions à avoir quand son bébé pleure, ou encore des interrogations sur les perturbateurs endocriniens.

876450610001_6276396067001 Le projet est que grâce aux réponses proposées, les parents agissent "en conscience sur la base d'informations fiables, scientifiquement fondées, construites par différents experts".

On retrouve ainsi des rappels sur la dangerosité de l'alcool pour le foetus, mais aussi des conseils moins scientifiques. Si personne de l'entourage ne sait qu'un bébé est en route, au cours d'une soirée, "on peut alors inventer une excuse pour ne pas boire: la prise d’un médicament, un fort mal de tête, une consommation d’alcool importante la veille…", est-il par exemple écrit.

La question des proches, et de la nécessité d'être bien entouré pendant une grossesse, et après, est d'ailleurs plusieurs fois abordée. Pour aider la jeune mère, les proches peuvent par exemple "apporter un plat fait maison", et le conjoint peut "soulager le dos et les jambes de la future maman par des massages".

"Il ne s’agit pas d’élaborer le 'Code du parent parfait'"

Reste à voir comment cette campagne sera accueillie. "Ces campagnes de sensibilisation doivent être pédagogiques et non culpabilisantes en direction des parents pour les aider à cesser les violences éducatives ordinaires, ou pour surmonter des dépendances, notamment à l’alcool", explique encore le rapport de la commission des 1000 premiers jours, à l'origine de cette campagne.

"Il ne s’agit pas d’élaborer le 'Code du parent parfait', car cela n’existe pas, ou de faire culpabiliser des femmes et des hommes qui font au mieux, avec leurs facultés, leurs talents, leurs fragilités et leurs doutes" avait assuré Adrien Taquet. "Il y a autant de parentalités qu’il y a d’enfants et de parents. Chacun peut faire des erreurs, à nous, sur la base de la science, d’aider, de donner des clés, d’éclairer la parentalité de ceux qui en ressentent le besoin".

Article original publié sur BFMTV.com

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