Il y a 100 jours, la Russie envahissait l'Ukraine : retour sur les moments clés du conflit

Le 24 février 2022, après un discours prononcé à la télévision, Vladimir Poutine prenait la décision d'envahir l'Ukraine dans le but de la "démilitariser et la dénazifier". Une "opération spéciale" qu'il pensait éclair, avant de se heurter à la résistance des Ukrainiens, largement soutenus par les Occidentaux.

Sombre étape. Ce vendredi marque les 100 jours du début de l'invasion russe en Ukraine. Une guerre qui ne devait durer que quelques jours, mais qui semble désormais partie pour durer, comem l'a redouté ce jeudi l'Otan. Le conflit a déjà fait des milliers de morts. D'un point de vue militaire, Kiev évoque 30.000 soldats russes tués, tandis que des sources occidentales établissent ce chiffre à 12.000. Selon plusieurs experts, l'Ukraine pourrait compter autant de pertes que la Russie.

Côté civils, dans un dernier bilan daté du 23 mai, le Haut-commissariat aux droits de l'Homme a recensé 3930 civils morts, et 4532 blessés. Parmi eux, l'institution a enregistré 257 enfants. Enfin, huit journalistes couvrant le conflit sont morts, dont notre reporter Frédéric Leclerc-Imhoff.

• 24 février : début de l"opération militaire spéciale" et prise de Tchernobyl

L'invasion russe a débuté le 24 février dernier. Dans une adresse surprise à la télévision, Vladimir Poutine a annoncé le lancement d'une "opération militaire" en Ukraine.

"J'ai pris la décision d'une opération militaire spéciale", a-t-il dit vers 4 heures du matin (heure française), dénonçant une fois encore un "génocide" orchestré par l'Ukraine dans l'est du pays.

Et d'ajouter :

"Nous nous efforcerons d'arriver à une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine", a martelé le maître du Kremlin assis à un bureau en bois sombre, promettant de conduire "au tribunal ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l'effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes".

Selon les observateurs, le véritable objectif est de venir renverser le régime actuellement au pouvoir à Kiev, pour y installer un président fantoche qui lui serait favorable. Joignant la parole aux actes, Poutine ordonne dans la foulée le bombardement des principales villes ukrainiennes, et des chars russes arrivent dans le pays.

Mais surtout, le début de l'invasion est marqué par la prise d'un site historique: la centrale nucléaire de Tchernobyl. Une centaine de techniciens, qui terminaient leur service de nuit lors de l’assaut des Russes, n’ont pas été autorisés à rentrer chez eux. Ils ont travaillé dans des conditions sanitaires dégradées et sans discontinuer pour assurer la sécurité du site. Interrogé par BFMTV lorsque les Russes ont déserté, l'ingénieur en chef du site s'est confié sur l'amateurisme des forces de Vladimir Poutine.

• 9 mars : bombardement d'une maternité à Marioupol et première utilisation de la notion de "crime de guerre"

C'était un mercredi. Les autorités ukrainiennes ont publié des messages sur les réseaux sociaux, accusant la Russie d'avoir bombardé un hôpital pour enfant à Marioupol, ville prise pour cible par Moscou dès les premiers jours.

Le bombardement a fait trois morts, dont une fillette, suscitant un tollé international renforcé par l'image de cette femme enceinte évacuée sur un brancard.

Un peu plus tard, le 16 mars, c'est au tour du théâtre de Marioupol d'être visé. Celui-ci abritait des centaines de civils. Au total, 600 personnes auraient péri dans ce bombardement, selon une enquête menée par Associated Press (AP).

Après ces événements, plusieurs voix se sont élevées pour parler de crimes de guerre, à l'instar du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba.

Une ville symbolisera les crimes de guerre perpétrés par les hommes de Vladimir Poutine: Boutcha. Située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Kiev, plusieurs corps y ont été découverts dès le 3 avril après le départ des troupes russes.

• 18 mars : démonstration de force de Poutine à son peuple

La démonstration de force s'est révélée spectaculaire. Alors que les bombardements se multiplient sur le territoire ukrainien, le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, vêtu d'un col roulé blanc et d'une doudoune bleu marine, apparaît devant 95.000 personnes dans le stade Loujniki de Moscou. Un événement retransmis à la télévision.

L'événement a été l'occasion pour l'homme fort du Kremlin de faire un point sur "les opérations militaires" en cours. Dès le début de son discours, il a assuré que "ceux qui mènent ce combat seront récompensés" pour leur "héroïsme."

Pour tenter une nouvelle fois de justifier ce qu'il n'a jamais qualifié de guerre, le président russe a dénoncé ce qu'il a qualifié de "génocide" dans le Donbass, territoire vers lequel il orientera son offensive.

Tout au long de ces 100 jours, l'homme fort du Kremlin n'hésite pas à montrer sa puissance, profitant notamment de la visite d'officiels étrangers pour faire parler de lui. Ainsi, le 9 mai, en visite surprise à Odessa dans le sud, le président du Conseil européen Charles Michel est contraint de se réfugier dans un bunker en raison de frappes de missiles.

• 25 mars : l'armée russe change de stratégie et se concentre sur l'est de l'Ukraine

Un tournant marque le 30e jour de conflit. Après l'échec de sa guerre éclair et de la prise de Kiev, Moscou repositionne ses forces sur la région du Donbass, contrôlée en partie depuis 2014 par des séparatistes pro-russes. Ainsi la ville de Marioupol continue d'être largement pilonnée.

Illustration de cet acharnement, l'usine Azovstal, ultime poche de résistance de l'armée ukrainienne dans la cité portuaire du sud-est.

En effet, depuis l'annonce faite par la Russie d'intensifier son offensive sur l'est de l'Ukraine, les soldats ukrainiens, notamment ceux du régiment Azov, se sont retrouvés acculés dans les souterrains du complexe métallurgique.

Le 20 mai, la Russie prend le contrôle total du site après la reddition des derniers soldats ukrainiens. Au total, près de 1000 soldats ont été évacués de l'usine vers des villes contrôlées par la Russie. Leur siège, considéré comme héroïque, est devenu un des symboles de la résistance ukrainienne.

• 13 avril : le navire russe Moskva est touché

Autre symbole de la résistance ukrainienne, la chute du croiseur russe Moskva, fleuron de la flotte russe. Mis en service en 1983, le navire était le plus important porteur de missiles russe en mer Noire. Si la Russie s'en tenait d'abord à un incendie, il a été prouvé par la suite que le navire a bien été coulé par un tir ukrainien. Selon les informations de NBC News, cette frappe de Kiev a même été réalisée grâce à l'aide des informations fournies par les services de renseignement des États-Unis.

Parmi les autres événements symbolisant la résistance ukrainienne, on se souvient également de la bataille de l'île des Serpents, lorsqu'un soldat ukrainien a refusé de se rendre aux Russes, balançant:

"Navire militaire russe, allez-vous faire f*****!".

Enfin, la photo d'un meuble de cuisine resté presque intact dans un appartement bombardé à Borodyanka, dans la région de Kiev, a fait réagir certains internautes qui y voyaient là aussi un signe fort de résistance face à l'envahisseur.

Jeudi, avant ce 100e jour de guerre, Volodymyr Zelensky a affirmé dans une adresse au Parlement luxembourgeois qu'"environ 20%" du territoire ukrainien, soit près de 125.000 km2, était contrôlé par les Russes.

Pour rivaliser, le président ukrainien peut toujours compter sur le soutien militaire des Occidentaux, et notamment de l'Europe, plus unie que jamais pour couper les vivres à Vladimir Poutine.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - L’Ukraine attend avec impatience une visite officielle d’Emmanuel Macron.

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