Il y a 100 ans, dans l'ombre de la Conférence de Versailles de 1919, le premier Congrès panafricain

Pierre Magnan
En février 1919, il y a exactement 100 ans, s’ouvrait à Paris le premier Congrès panafricain. But de cette réunion : tenter de faire exister les idées anticoloniales alors que se tient la Conférence de paix de Versailles. La France a donné son feu vert à ce congrès grâce au député du Sénégal, Blaise Diagne, notamment chargé de recruter des tirailleurs pendant la guerre de 1914-1918.

En ce début 1919, le monde entier est à Paris pour la conférence de paix de Versailles. Les leaders des pays victorieux sont là pour fixer les nouvelles règles internationales. C'est l’occasion qu’attendent nationalistes et anticolonialistes du monde entier pour tenter de s’exprimer et faire avancer leurs droits. C’est ainsi qu’un certain Ho Chi Minh essaye d'intéresser sur le sort de son pays.

Mais le futur leader indochinois n'est pas le seul à ambitionner de se faire entendre. Les idées de panafricanisme, qui se développent depuis la fin du XIXe, entendent bien profiter aussi de l'événement en organisant un "congrès panafricain". La fin de l’esclavage, les suites du colonialisme portent en elles l’idée d’une histoire commune des peuples africains. Des idées qu'on avait déjà vu émerger avec la naissance du Liberia, mais aussi lors d'une première rencontre à Londres en 1900.

Pour l’heure, en 1919, le Congrès, qui s’inscrit dans un bouillonnement d’initiatives panafricaines, veut profiter de la période qui a vu la défaite d’une puissance coloniale (certes limitée), l’Allemagne, pour tenter de décoloniser les ex-terres allemandes en Afrique. Et au-delà, créer un "Etat noir" en Afrique.

Une personnalité américaine, William Edward Burghardt Du Bois, porte cette idée de congrès. Cet intellectuel, l'un des premiers Noirs à être diplômé (...)

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