Plus de 10 millions de pauvres en France en 2020: les prévisions alarmantes du Secours catholique

Mélanie Rostagnat
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Distribution alimentaire du Secours Populaire à Saint-Denis, le 6 mai 2020 - Thomas SAMSON / AFP
Distribution alimentaire du Secours Populaire à Saint-Denis, le 6 mai 2020 - Thomas SAMSON / AFP

Dix millions de pauvres: c'est le seuil "dramatique" que la France franchira cette année, s'alarme Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique, dans les colonnes du Parisien. L'association indique avoir aidé en 2019 1,4 million de personnes, dont plus de 650.000 enfants. Le niveau de vie médian de ces personnes s'élève à 537 euros, bien en-dessous du seuil de pauvreté fixé en 2018 à 1.063 euros.

Des personnes "contraintes à des choix impossibles"

Pour son rapport annuel sur l'état de la pauvreté en France, publié jeudi et qui compile des données de 2019 (et donc d'avant la crise du coronavirus), le Secours catholique a étudié en détail le budget de 3000 familles suivies par l'association. Une fois déduites les dépenses contraintes (loyer, factures d'eau et d'énergie, assurances...), la moitié des personnes vit avec moins de 9 euros par jour. Ce "reste pour vivre" doit financer nourriture, vêtements, produits d'hygiène etc.

"Avec des budgets aussi serrés et en dessous des minima pour vivre décemment, les personnes que rencontre le Secours catholique sont quotidiennement contraintes à des choix impossibles", selon le rapport. Beaucoup doivent "privilégier les dépenses alimentaires au risque de ne pas être en mesure de payer un loyer ou des factures".

Une situation aggravée par la crise sanitaire

"La crise actuelle va encore augmenter la pauvreté et les inégalités", souligne Véronique Fayet. "Beaucoup de personnes qui étaient dans une grande fragilité économique ont basculé dans la pauvreté. La situation est dramatique", s'inquiète-t-elle.

Même constat du côté du Secours populaire qui rapporte avoir été sollicité par 1,3 million de personnes pendant le premier confinement, dont 45% n'avaient jamais eu besoin de le faire jusqu'ici. A Gonesse, dans le Val-d'Oise où les équipes de BFMTV se sont rendues, le centre de distribution alimentaire de l'association doit désormais subvenir aux besoins de 250 familles, contre 170 l'an dernier.

Les familles ont notamment souffert de la fermeture des cantines scolaires pendant le premier confinement: "cela a généré des coûts supplémentaires énormes dans les familles de 2, 3, 4 enfants", explique la présidente du Secours catholique. Par ailleurs, "des personnes qui se débrouillaient avec des petits boulots ont vu leurs ressources disparaître".

Face à cette situation, le Secours catholique souhaite "un plancher social qui protège tout le monde" et demande l'instauration d'un revenu minimum garanti, qui s'élèverait à 893 euros (50% du niveau de vie médian). L'association demande qu'il soit accessible aux jeunes dès 18 ans et aux étrangers dès l'obtention de leur titre de séjour, "deux populations particulièrement frappées par la pauvreté".

Article original publié sur BFMTV.com