10 ans du printemps arabe : Retour sur ces révoltes historiques

Maxime Poul
·3 min de lecture
C'est en Tunisie, le 17 décembre 2010, que la Révolution arabe a débuté.

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant tunisien s’immolait par le feu et déclenchait la révolution tunisienne, ou “la révolution du jasmin” qui a par la suite déclenché le printemps arabe. Retour sur cette vague de révolutions sans précédent.

C’était il y a 10 ans jour pour jour. Le 17 décembre 2010, un marchand de fruit ambulant de 26 ans nommé Mohamed Bouazizi s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat dans la ville tunisienne de Sidi Bouzid. À travers ce geste, il veut dénoncer la corruption du régime de Ben Ali, président depuis 1987, après une énième saisie de sa marchandise par la police. Un geste qui provoque un véritable soulèvement national qui s’étendra par la suite à de nombreux pays.

Dès le lendemain, des habitants, syndicats et autres manifestants se rassemblent dans les rues de Sidi Bouzid. Une contestation qui se répand très rapidement dans de nombreuses villes du pays. La population dénonce la misère liée à l’emploi, le manque de liberté, la torture ou encore la corruption du pouvoir. C’est le début de la révolution tunisienne qui prend une grande ampleur et qui oblige le président Zine el-Abidine Ben Ali, moins d’un mois après le geste de Mohamed Bouazizi, à fuir le pays.

Des manifestations dans tous les États arabes excepté le Qatar

En à peine quelques jours, cette révolution tunisienne très relayée sur les réseaux sociaux s’étend à d’autres pays comme l’Egypte, la Libye, la Syrie, le Maroc ou encore la Jordanie, et donne naissance à ce qui deviendra le printemps arabe. Au cours de cette année 2011, des manifestations sociales plus ou moins importantes se déroulent dans tous les pays arabes à l’exception du Qatar, dans le but de dénoncer les conditions de vie, de mieux répartir les richesse et de réclamer une vraie démocratie.

Si certains pays comme la Tunisie ou l’Egypte arrivent à faire tomber leur dictature, les élections qui suivent font triompher des mouvements islamistes et les tensions ne s’apaisent pas. En Libye, la rébellion contre Khadafi provoque une guerre civile qui prendra fin lors du décès de ce dernier en octobre 2011. En Syrie, à Bahreïn ou au Yémen, ces manifestations se soldent également par des affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et manifestants. Dans certains pays comme l’Algérie, l’Arabie Saoudite ou le Maroc, les chefs dirigeants proposent et lancent des réformes pour répondre aux revendications de la population et éviter tout soulèvement.

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Beaucoup d’espoir, mais peu de résultats

Lors des premiers mois, en 2011, le printemps arabe s’est imposé comme un renversement historique qui a permis à des nombreux États de faire chuter des dictateurs à la tête de ces pays depuis de très nombreuses années, suscitant beaucoup d’espoir. Mais dans la plupart de ces pays, ces manifestations qui devaient faire bouger les choses ont provoqué au mieux quelques mesures sociales précaires et au pire d’interminables conflits armés provoquant des centaines de milliers de morts, comme en Syrie, au Yémen ou en Libye.

Selon certains spécialistes, la Tunisie apparaît comme le seul pays où la révolution a quelque peu porté ses fruits, essentiellement en termes de liberté d’expression. Pour le reste, la plupart de ces pays sont aujourd’hui dans une situation identique, voire pire qu’à l’origine de cette révolution arabe, qui n’aura finalement jamais vraiment eu lieu.

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