10.000 euros le dossier: un homme visé par une plainte pour avoir escroqué des personnes sans papier

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La balance de la Justice (illustration) - LOIC VENANCE / AFP
La balance de la Justice (illustration) - LOIC VENANCE / AFP

Un homme est visé par une plainte pour "usurpation" et "escroquerie" après s'être fait passer pour un avocat auprès de personnes sans papiers et leur avoir facturé plusieurs milliers d'euros la constitution de dossiers pour obtenir un titre de séjour, a appris ce mardi l'Agence France-Presse (AFP) de sources concordantes.

Selon une enquête du média Streetpress publiée lundi, Azzedine Jamal, connu pour avoir été l'agent de la chorégraphe Mia Frye, aurait mis en place une escroquerie, en promettant à des personnes désireuses d'acquérir un titre de séjour de prendre en charge leurs démarches administratives contre plusieurs milliers d'euros.

"Au cours de cette enquête, nous avons formellement identifié 79 victimes de ses magouilles, dont 55 personnes sans-papiers", écrit le pureplayer. "Selon nos estimations, il aurait sur ces trois dernières années, encaissé plus de 200.000 euros grâce à ses manoeuvres."

Des honoraires entre 5000 et 9000 euros

Azzedine Jamal se serait constitué un important réseau de clients via quatre "apporteurs d'affaires".

Ils ont porté plainte contre lui et son prétendu cabinet d'avocat JS lundi pour "usurpation de la qualité d'avocat, escroquerie et travail dissimulé" auprès du tribunal de Bobigny.

Certains avaient répondu à des annonces de Pôle emploi ou sur le site leboncoin pour "du ramassage trottinette électrique" et se sont vus proposer un emploi d'assistant avocat ou juriste alors qu'ils n'avaient aucune qualification, explique leur avocat Rajnish Laouini.

Ils devaient mettre en relation des personnes irrégulières avec le cabinet JS. M. Jamal prétendait auprès de ses clients qu'il leur obtiendrait une régularisation en deux ou trois mois. Ses "honoraires" s'élevaient de 5000 à 9000 euros.

"Un article à charge"

Azzedine Jamal, qui se définit comme "artiste, agent et juriste autodidacte", réfute s'être présenté comme un avocat. Il dénonce un "article diffamatoire, à charge" et une "bombe mensongère".

Il estime la clientèle de son cabinet, créé en février 2020, à 31 personnes, dont sept ont obtenu un titre de séjour. Pour le reste, les procédures sont en cours, ralenties par le Covid-19 et la fermeture des préfectures, explique-t-il.

Selon sa version des faits, les "apporteurs d'affaires" fixaient eux-mêmes les tarifs, allant de 500 euros à 10.000 euros par dossier et il n'a jamais encaissé plus de 2000 euros par client.

"J'ai découvert combien mon cabinet facturait avec la parution de l'article", déclare-t-il. Il a indiqué avoir porté plainte contre les quatre "apporteurs d'affaires" pour "abus de confiance".

Il les accuse d'avoir profité de sa maladie (des troubles dissociatifs dus à son épilepsie) pour l'escroquer et établir les contrats comme ils le souhaitaient.

Le rédacteur en chef de Politis en retrait de ses fonctions

"J'ai sciemment caché à mon conjoint ce que j'ai fait", a tenu à indiquer Azzedine Jamal.

Cité dans l'enquête de Streetpress, son mari, Gilles Wullus, est rédacteur en chef de Politis. Depuis septembre 2017, il a la tutelle d'Azzedine Jamal, a précisé ce dernier.

Dans un communiqué de presse publié lundi, le journal s'est dit "totalement étranger à cette affaire d'une extrême gravité". "Gilles Wullus est d'ores et déjà en retrait de ses fonctions et responsabilités au journal", poursuit le média.

Gilles Wullus a déclaré n'avoir "jamais participé, directement ou indirectement, à une quelconque infraction qui serait en lien avec l'activité de (son) époux". "Je déplore que mon nom, et celui de mon employeur, aient pu être associés aux faits allégués dans cet article", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com

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