Les 1 % les plus riches émettent plus de CO₂ que deux tiers de l’humanité, selon Oxfam

C’est “l’étude la plus complète jamais réalisée sur les inégalités climatiques dans le monde”, prévient The Guardian. Le rapport d’Oxfam, publié lundi 20 novembre en amont de la COP28 de Dubaï qui commence le 30 novembre, révèle que “1 % des personnes les plus riches de l’humanité sont responsables de plus d’émissions de CO2 que 66 % des plus pauvres”.

Cette “élite des pollueurs”, comme la nomme le quotidien britannique, composée de “77 millions de personnes qui gagnent plus de 140 000 dollars [128 125 euros] par an”, était responsable de “16 % des émissions de dioxyde de carbone en 2019”, d’après le rapport.

Sur la base d’une formule de calcul de surmortalité selon laquelle chaque million de tonnes de CO2 émis cause dans le monde la mort de 226 personnes supplémentaires, Oxfam “a calculé que les émissions des 1 % les plus riches suffiraient à elles seules à causer la mort de 1,3 million de personnes au cours des prochaines décennies en raison du réchauffement”. De 1990 à 2019, leurs émissions cumulées “équivaudraient à anéantir les récoltes de maïs de l’Union européenne, de blé des États-Unis, de riz du Bangladesh et de soja en Chine de l’année dernière”.

Crises jumelles

Selon les experts de l’Institut pour l’environnement de Stockholm qui ont contribué à ce rapport, “il faut quelque mille cinq cents ans pour qu’une personne parmi les 99 % les plus pauvres produise autant de CO2 que les milliardaires les plus riches en un an”, poursuit le quotidien.

Pour Chiara Liguori, chargée de la justice climatique chez Oxfam, les crises jumelles du climat et de l’inégalité “s’alimentent l’une l’autre”. Mais le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’explique que partiellement ce constat accablant.

En 2019, les pays où les revenus sont les plus élevés, “principalement dans le Nord”, étaient “responsables de 40 % des émissions de CO2 liées à la consommation”, quand les pays à faible revenu, “principalement dans le Sud”, contribuaient de manière “négligeable”, pour 0,4 %, aux émissions. Si les millionnaires et les milliardaires sont majoritairement issus des pays riches, “des membres de la classe des super-riches se trouvent de plus en plus dans d’autres parties du monde”, ajoute le quotidien britannique, qui conclut :

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