1.800 "doubles" réunis dans la capitale européenne des jumeaux


Depuis 20 ans, le petit village breton de Pleucadeuc donne chaque 15 août l'impression de voir double à l'occasion de sa "fête des deux et plus" qui a réuni cette année, devant quelque 11.000 personnes, près de 1.800 jumeaux, triplés et quadruplés, une fréquentation record depuis sa création.

"Il n'y avait jamais eu autant de monde", constate, souriante, une des organisatrices de l'évènement, elle-même jumelle. "C'est laquelle, celle-là? Aurélie ou Cécile?", demande une dame. Elle, c'est Aurélie Launay, mais elle est habituée à la question.

Poussettes doubles, enfants-sosies vêtus à l'identique, adultes déguisés, jouant de leur ressemblance, ont investi les rues du village du Morbihan, où vivent une trentaine de paires de jumeaux en temps normal, pour le traditionnel défilé au son d'airs bretons, suivi d'une kermesse qui a duré jusqu'au soir.

Sur les pelouses, entre les stands de buvettes et le château gonflable, les visages et les tenues se déclinent en double ou en triple. Deux Pierrots, trois jeunes filles en robe blanche, et même quatre femmes à la ressemblance stupéfiante, les seules quadruplées présentes cette année.

Tous sont venus pour rencontrer d'autres "deux et plus" et cesser d'être l'exception pour devenir la norme, le temps des deux journées que dure la fête.

En temps normal, "dans la rue, les gens nous remarquent, nous demandent de prendre des photos... Ici, on sent qu'on n'est pas les seules", expliquent, presque à l'unisson, Loezia et Mylène Caro, jumelles de 14 ans vêtues de robes beiges identiques.

Contrairement à beaucoup, qui ne se sont habillés de la même façon que pour l'occasion, il arrive aux deux jeunes filles de le faire au quotidien.

C'est pour que ses jumelles, nées en 1981, sachent qu'elles n'étaient pas seules dans leur cas qu'Alain Launay, maire du village, a créé la "fête des deux et plus" en 1994.

Marjorie et David Malherde, parents de cinq enfants dont deux jumelles de neuf ans, sont venus de Brest pour cela. "Aujourd'hui, c'est nous (les non-jumeaux) qui sommes différents!", lance la maman.

Un lien spécial

Certains parents sont également venus chercher des conseils pour l'éducation de ces enfants un peu différents.

"Ils n'ont qu'un an, mais on sent déjà qu'il y a un lien spécial entre eux", explique Céline Corlou, appuyée sur la poussette double où dorment Timéo et Jeanne, ses jumeaux. "Ils dorment dans la même pièce, se recherchent l'un l'autre, ils n'aiment pas être séparés".

Si le nombre de jumeaux monozygotes, plus de 600.000 en France, ne cesse de croître notamment avec le développement de la procréation assistée, les occasions de se rencontrer sont rares. C'est donc avec fierté que Pleucadeuc s'auto-proclame "capitale européenne des jumeaux", en dépit de la concurrence de certaines communes, comme Jumeaux, dans le Puy-de-Dôme, qui a lancé son propre rassemblement.

"Le village des jumeaux", annonce un panneau à l'entrée de la commune bretonne - d'ailleurs non jumelée. Le boulanger du village a même inventé le "gâteau des jumeaux", le "Jumelien", à base de pommes caramélisées.

Tout le village s'approprie cette identité et bénéficie des célébrations de la gémellité. Selon Aurélie Launay, "tous les hôtels sont bouclés, à Pleucadeuc et dans les alentours, jusqu'à Vannes".

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