1,5 milliard de personnes possèdent un gène qui protège du froid, mais diminue les performances sportives

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1,5 milliard de personnes portent une version modifiée d'un gène impliqué dans la fonction musculaire. Si cette variation s'est répandue alors qu'elle diminue les performances sportives, c'est qu'elle semble améliorer la résistance au froid.

1,5 milliard d'êtres humains vivent avec une variante d'un gène affectant la fonction musculaire. Entravant les performances sportives, cette variante a cependant l'avantage d'améliorer la résistance au froid et se serait répandue à mesure que les humains se sont éloignés des chaudes températures africaines. Ces travaux sont publiés dans l'.

Un gène qui s'est répandu depuis 50.000 ans

Il y a plus de 50.000 ans, lorsque l'humain a migré d'Afrique vers les climats plus froids d'Europe centrale et du nord, une version particulière d'un de nos gènes s'est installée, et répandue… Au point que 1,5 milliard de personnes en sont aujourd'hui porteuses. Il s'agit du gène ACTN3, dont la modification entraîne la perte d'une protéine musculaire appelée alpha-actinin-3. Si cette variante n'entraîne pas de maladie, elle affecte cependant les performances sportives lors des activités nécessitant puissance musculaire ou sprint. Les porteurs de ce gène modifié sont d'ailleurs très peu trouvés parmi les athlètes potentiels. Il arrive qu'un gène se répande sans raison particulière, juste par l'effet du hasard : on appelle cela la dérive génétique. Mais pour les chercheurs, il existe une autre hypothèse : et si cette modification musculaire permettait de mieux résister au froid ?

Une meilleure résistance au froid

Pour le vérifier, les scientifiques ont demandé à 42 hommes adultes porteurs ou non du variant de s'immerger jusqu'au cou dans de l'eau à 14°C pendant des périodes de 20 minutes entrecoupées de pauses de 10 minutes. Leur température rectale était alors contrôlée, de façon à interrompre l'expérience dès qu'elle baissait jusqu'à 35,5°C, ou jusqu'à ce qu'ils aient passé deux heures dans l'eau. Le résultat est clair : les personnes porteuses du variant étaient 69% à avoir réussi à maintenir leur température corporelle jusqu'à la fin des deux heures, contre seulement 30% de ceux dont l'ACTN3 fonctionnait correctement. Cette variation permet donc bien de mieux réguler sa température [...]

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