Avec le coronavirus, les villes moyennes vont-elles prendre leur revanche?

Lucie Oriol
Issoire dans le centre ville de la France fit partie des 222 villes à bénéficier du plan Action Coeur de Ville

IMMOBILIER - La vengeance est un plat qui se mange froid. Avec la crise du coronavirus et le confinement, les désirs de grands espaces et de qualité de vie des Français ont été exacerbés. Nombreux sont ceux qui dès le 17 mars ont pris la route direction leur résidence secondaire, en dehors des grandes agglomérations. Selon l’opérateur Orange, ils seraient ainsi près de 1 million à avoir quitté la région parisienne pendant le confinement. En parallèle, selon Seloger.com, “le taux de consultation des maisons à vendre a explosé” et les recherches de biens en province ont grimpé de 5%.

Cette tendance à “l’exode urbain” interroge alors que les chiffres montrent depuis plusieurs années une véritable métropolisation du paysage français autour des grandes villes. Avec moins de pollution, moins de densité de population et un foncier plus abordable, les villes moyennes de province, à l’instar de Rouen, Limoges ou Châtellerault, seraient-elles en mesure de prendre leur revanche

Les experts en la matière se montrent prudents sur le passage à l’acte des métropolitains, mais tous indiquent que les villes moyennes, définies par une population entre entre 10.000 et 200.000 habitants, ont résolument une carte à jouer dans le contexte du virus. “La grande nouveauté de cette crise par rapport aux précédentes, c’est le digital. Cette idée que l’ont peut remplacer la proximité physique par la proximité numérique. Tous ceux qui peuvent télétravailler -environ 40% de l’emploi s’y prête en France- pourraient être en mesure de s’exiler, analyse Aziza Akhmouch, cheffe de la division villes, politiques urbaines et développement durable à l’OCDE, contactée par Le HuffPost: 

“Mais attention, prévient-elle. Si les gens sont venus dans les grandes villes, c’est aussi lié à la tertiarisation économique (...) Or il n’est pas garanti que le digital puisse répondre à tous les besoins en termes de culture, de loisirs, d’éducation, de santé ou de transports.”

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