"Ça suffit": la présidente de la Fondation des femmes demande "un peu de décence" à Nicolas Hulot

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Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes - BFMTV
Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes - BFMTV

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"Entendre, à chaque fois qu'un homme est mis en cause, des paroles de ce type, qui disent que c'est lui la victime, est quelque chose d'extrêmement dur". Avant même la diffusion d'un épisode du magazine "Envoyé spécial" sur France 2, qui a recueilli plusieurs témoignages de femmes l'accusant de viol et d'agressions sexuelles, l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, est venu dénoncer des "affirmations mensongères" sur notre antenne ce mercredi. Ce dernier a affirmé être victime, "comme d'autres" du "poison de la rumeur, des insinuations".

Une prise de parole difficile à entendre pour certaines élues et militantes féministes, qui en dénoncent la violence. "Ces propos, on les a déjà malheureusement trop souvent entendus. Neuf femmes sur dix ont vécu des relations sexuelles contraintes, imposées, difficiles en France. C'est la réalité de ce qu'on vit toutes et tous", souligne ainsi Sandra Regol, secrétaire national adjointe d'Europe Écologie-Les Verts, sur BFMTV, qui cite ici une enquête menée par le mouvement #NousToutes.

"Une disproportion" des paroles

Si l'élue rappelle fermement que la "présomption d'innocence va de soi", elle estime également que "beaucoup de personnes, de femmes, qui ont été victimes d'agressions sexuelles ou sexistes ont tenté de recourir à la justice, de parler, et que ça ne fonctionne pas toujours". "Ça fonctionne encore plus difficilement quand la personne est très connue, et qu'elle a une parole beaucoup plus entendue que les femmes d'en face", regrette-t-elle, soulignant "une disproportion entre ces deux paroles".

En février 2018, le magazine Ebdo, qui a depuis cessé de paraître, avait publié une enquête controversée faisant état d'une plainte pour viol déposée dix ans plus tôt contre l'ex-animateur télé et classée sans suite. Etait également mentionnée une rumeur de harcèlement sexuel à l'encontre d'une ancienne collaboratrice de la Fondation Nicolas Hulot qui avait elle-même démenti.

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Juste avant la parution de l'article, celui qui était encore en poste au ministère de la Transition écologique et solidaire avait "pris les devants" en allant démentir, également sur notre antenne, tout comportement inapproprié et des rumeurs "ignominieuses".

La stratégie de communication de Nicolas Hulot en cause

Pour Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, cette stratégie de communication interroge et pose problème. "Il rejoue la même situation de communication de parler avant la révélation des faits. Forcément, je ne sais pas de quoi ces femmes parlent, donc qui peut lui rétorquer quoi que ce soit? Qui peut s'opposer?", s'est-elle interrogé.

L'écrivaine et militante féministe estime qu'il est essentiel de "laisser les femmes parler, ne pas leur couper la parole comme (Nicolas Hulot) vient de le faire, comme il l'a déjà fait en parlant en premier pour imposer son propre récit". "Ça suffit", s'est-elle insurgée.

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Les deux femmes espèrent "une traduction judiciaire", que "les choses puissent passer par la justice et que les faits soient reconnus", même si, d'après Sandra Regol ces "dispositifs pour permettre aux victimes d'êtres aidées (...) "n'existent pas et parfois le seul recours qu'il reste à ces femmes, c'est les réseaux sociaux ou les médias. On aimerait qu'il en soit autrement, c'est certain, mais nous ne sommes pas dans cette situation aujourd'hui", explique-t-elle.

"Ce n'est pas à lui de pleurer, de parler comme il l'a fait d''horreur', de 'cauchemar'. Nous accompagnons des victimes de viol au quotidien, je peux vous dire que le cauchemar est de leur côté", conclut Anne-Cécile Mailfert, appelant l'ex-ministre à "un peu de décence".

Article original publié sur BFMTV.com

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