Île-de-France: jusqu'à 7 ans de prison en appel pour des agressions visant des Asiatiques

B.R.
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Trois hommes ont été condamnés à des peines de deux à sept ans de prison pour des agressions visant des personnes d'origine asiatique (Photo d'illustration). - AFP
Trois hommes ont été condamnés à des peines de deux à sept ans de prison pour des agressions visant des personnes d'origine asiatique (Photo d'illustration). - AFP

La cour d'appel de Paris a prononcé jeudi des peines de deux à sept ans de prison contre trois jeunes hommes jugés pour des agressions visant des personnes d'origine asiatique, aggravant les condamnations de première instance.

Ces peines ont également été assorties, pour deux d'entre eux, d'une interdiction de se rendre, pendant trois ans, à Vitry-sur-Seine et Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), ainsi que dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Une trentaine de victimes

C'est principalement dans ces lieux de vie de la communauté asiatique que les faits se sont produits, entre février et avril 2019. L'enquête avait permis d'identifier une trentaine de victimes de vols au mode opératoire identique, accompagnés de violences.

En première instance, le tribunal correctionnel de Créteil avait condamné les trois prévenus à des peines allant de 18 mois à six ans de prison.

Décrit comme le leader du groupe, Ilyes Z., 21 ans, a été condamné en appel à sept ans de prison, avec maintien en détention. A l'énoncé du jugement, il s'est emporté, se levant de son siège et se tirant les cheveux, les yeux embués de larmes.

Une décision "historique"

Les deux autres prévenus, 21 ans également, sont restés calmes. Marvin V. a écopé de six ans de prison et Joachim P., qui comparaissait libre, de deux ans ferme. Tous trois devront indemniser leurs victimes.

Pour Sun-Lay Tan, porte-parole du Comité sécurité pour tous, cette décision est "historique". "On espère que cela va dissuader les agressions car on va pouvoir dire qu'agresser un Asiatique ne sera plus impuni", a-t-il déclaré à l'AFP à l'issue de l'audience.

"C'est un message très important, de sévérité" et "bienvenu dans un contexte très particulier du Covid-19 où l'on assiste à un déferlement de haine anti-asiatique", a abondé Kaltoum Gachi, avocate du Mrap, qui était partie civile.

Pour Me Fadila Ouadah-Benghalia, avocate de Joachim P., "les prévenus ont parfaitement compris la gravité de leurs actes et l'ont reconnue". Mais Me Pierre Deval, avocat d'Ilyes Z., a regretté auprès de l'AFP une "peine excessive". "C'est un assommoir", poursuivant une "logique de sanction", dépourvue de "de tout impératif pédagogique", a-t-il déploré, en soulignant la jeunesse de son client.

Article original publié sur BFMTV.com