Évasion déjouée à la prison de Fresnes: la vétusté des bâtiments mise en cause

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Le quartier des femmes de la prison de Fresnes, en région parisienne, en juillet 2020   - JOEL SAGET © 2019 AFP
Le quartier des femmes de la prison de Fresnes, en région parisienne, en juillet 2020 - JOEL SAGET © 2019 AFP

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C'est une tentative d'évasion rocambolesque qui a été déjouée à la prison de Fresnes dimanche. Une détenue radicalisée en détention provisoire est parvenue à s'extraire de sa cellule au petit matin. Elle avait creusé à la cuillère et était parvenue à desceller un parpaing.

"Une évasion à l'ancienne", note sur notre antenne Wilfried Fonk, secrétaire national du syndicat UFAP-UNSA Justice, qui estime que le centre pénitentiaire du Val-de-Marne, deuxième plus gros établissement pénitentiaire français après Fleury-Mérogis, n'est pas adapté à la prise en charge de ce type de profils.

"Effectivement, la vétusté des bâtiments peut être un des problèmes de la structure de Fresnes, admet le syndicaliste. La vétusté des bâtiments peut parfois aider le détenu ou la détenue dans ses envies d'évasion", a-t-il ajouté.

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L'État définitivement condamné à faire des travaux

D'après les informations que BFMTV a pu recueillir, les murs de la prison de Fresnes, dont la construction fût achevée en 1898 (en 1987 pour le quartier des femmes) sont gorgés d'eau et friables, ce qui a facilité l'utilisation de cuillère.

Dans un rapport datant de 2017, l'Observatoire international des Prisons (OIP) alertait par ailleurs sur le fait que "10% des postes de surveillants étaient vacants" alors que le taux d'occupation était estimé à 195,6%.

Aujourd'hui, selon Yoan Karar, secrétaire général adjoint de FO-Justice, les miradors de la maison d'arrêt des femmes ne fonctionnent plus "faute de personnel". Un défaut de sécurité qui aurait pu profiter à la détenue radicalisée.

C'est pour ces raisons que le centre pénitientiaire a été qualifié d'"indigne" par la Cour européenne des droits de l'Homme en janvier 2020.

La prise en charge des terroristes "laisse à désirer"

Dans ces conditions, "la prise en charge des détenus terroristes, que ce soit des hommes ou que ce soit des femmes, malheureusement, laisse à désirer" aux yeux de Wilfried Fonk.

Le secrétaire national du syndicat UFAP-UNSA Justice soutient que, depuis 2015, son organisation "demande à l'administration pénitentiaire de créer des structures adaptées tant en matière de prise en charge qu'en matière de sécurité pour les détenus terroristes".

La tentative d'évasion intervient moins d'un mois après la condamnation définitive de l'État à faire d'importants travaux dans la prison de Fresnes, afin notamment d'agrandir et nettoyer les cours de promenade et d'assurer la sécurité des détenus.

Article original publié sur BFMTV.com

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