Étrangeté du vivant : Godzilla, la guêpe parasitoïde qui chasse sous l'eau

Julie Kern, Rédactrice scientifique
·2 min de lecture

Les guêpes appartiennent à la super-famille des Vespoidae. Si tout le monde connaît les guêpes sociales (Vespidae) qui forment des nids, il existe de nombreuses autres espèces au mode de vie étrange. Entre les guêpes fouisseuses, solitaires ou chasseuses de mygales, celles qui nous intéressent ici sont appelées guêpes parasitoïdes. Chez les guêpes sociales, une reine est en charge de pondre les œufs et les ouvrières de les nourrir. Les guêpes parasitoïdes ont choisi un mode de reproduction drastiquement différent : ces insectes pondent un ou plusieurs œufs dans le corps d'une larve ou d'un imago vivant. Lorsque l'œuf éclos, la larve de la guêpe parasitoïde se nourrit de son hôte. 

Chaque espèce de guêpe parasitoïde à son hôte favori, mais très peu choisissent des insectes aquatiques. La sous-famille des Microgastrinae regroupe les deux seules espèces connues pour pondre dans des chenilles aquatiques. Mais aucune d'entre elles n'a été observée sous l'eau jusqu'à aujourd'hui. En effet, les scientifiques du National Canadian Collection of Insects ont filmé pour la première fois le plongeon d'une guêpe parasitoïde pour aller dégotter une chenille (Elophila turbata) et pondre ses œufs dans son corps.

Avant de plonger, la guêpe marche sur des plantes en surface à la recherche de sa victime. Quand elle l'a repérée, elle sonde la chenille avec ses antennes pour l'extraire de sa cachette et planter rapidement son ovipositeur dans son corps. Mais si cela ne suffit pas, elle plonge alors quelques secondes et empoigne la chenille grâce à ses mandibules pour la sortir de l'eau et pondre ses œufs. Les scientifiques ont baptisé cette nouvelle espèce, qui vit au Japon, Microgaster godzilla, en hommage au célèbre monstre japonais qui s'est parfois battu contre la terrible Mothra, un papillon de nuit géant.

Une femelle Microgaster godzilla à la recherche d'une larve sous l'eau. Ce sont les premières images de ce comportement chez les guêpes parasitoïdes. © Dr. Jose Fernandez-Triana

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