Éthiopie: vague de répression contre les plus radicaux de l’État de l’Amhara

Le gouvernement éthiopien du Premier ministre Abiy Ahmed sévit contre les éléments les plus radicaux des forces politiques et paramilitaires de l'État de l'Amhara, qui lui avaient servi de fers de lance de la guerre dans le Tigré. Depuis la semaine dernière, des personnalités importantes du nationalisme ont ainsi été arrêtées dont un général, des militants, des miliciens et une dizaine de journalistes.

Cela faisait des semaines que la tension grandissait dans l'État de l'Amhara. Les médias nationalistes, généralement alarmistes, se disaient convaincus d'une prochaine vague de répression contre les miliciens Fanos et les figures politiques du nationalisme ethnique de cette puissante région du Nord.

Mais de fait, vendredi, le général de brigade Tefera Mamo, chef des forces de sécurité de l'État, limogé en février et qui a, depuis, publiquement sévèrement critiqué le pouvoir, a comparu devant un tribunal de Bahir Dar pour avoir prétendument tenté de « subvertir la Constitution ». Entendez : d'organiser un coup d'État. Son procès devrait démarrer la semaine prochaine.

Une dizaine de journalistes de médias soutenant les Fanos, 24 militants du parti nationaliste Nama et plusieurs figures médiatiques ont également été arrêtés ces derniers jours, provoquant parfois des affrontements armés. Les médias locaux évoquent plusieurs milliers d'arrestations. Plusieurs sources évoquent des porte-à-porte de la Garde nationale éthiopienne, ce lundi 23 mai, dans plusieurs localités amharas, visant à capturer les éléments les plus radicaux.

En réaction, le gouvernement fédéral a simplement annoncé qu'il « prenait un large éventail de mesures dans la région d'Amhara contre les groupes impliqués dans le commerce illégal d'armes, le pillage et la destruction des biens des individus, les meurtres et la création de conflits parmi le public », sans autre précision.

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« Abiy Ahmed s'efforce de reprendre le contrôle d'une situation qui commençait à lui échapper », explique un bon connaisseur de la région. Des leaders des Fanos, très belliqueux et bien organisés, contestaient en effet la conduite de la guerre dans le Tigré et, singulièrement, leur mise sur la touche. L'envoi, depuis août dernier, de milliers de Fanos pour être formés en Érythrée, sans son aval, aurait également convaincu Abiy Ahmed d'agir rapidement, selon un journaliste éthiopien.

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