Éthiopie : ce que le Tigré coûte à Abiy Ahmed

Par Marlène Panara
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Pour contenir les combattants du Front de libération du peuple du Tigré, l'armée éthiopienne s'est déployée dans toute cette région et notamment dans sa capitale, Mekelle.
Pour contenir les combattants du Front de libération du peuple du Tigré, l'armée éthiopienne s'est déployée dans toute cette région et notamment dans sa capitale, Mekelle.

Près de cinq mois après le début du conflit, les troupes érythréennes pourraient bientôt quitter le Tigré. La nouvelle a été annoncée ce vendredi 26 mars par Abiy Ahmed, trois jours après avoir reconnu officiellement le soutien militaire de son voisin. Le Premier ministre éthiopien a également ajouté, depuis Asmara où il était en visite, que l'armée nationale serait déployée en remplacement dans les zones concernées. Depuis le début des violences le 4 novembre 2020, c'est la première fois qu'Abiy Ahmed reconnaît l'intervention militaire de l'Érythrée, une « faveur », selon lui. Mais, dans sa déclaration publiée à l'issue d'un entretien avec le président érythréen Isaias Afwerki, le dirigeant éthiopien va plus loin. Et admet que, « malgré la propagande et les mensonges, des informations indiquent qu'il y a eu des viols et des pillages de propriétés ».

Des violences et exactions sur les civils

Une affirmation qui sonne comme un véritable aveu pour le Premier ministre qui, jusqu'ici, n'avait jamais réagi aux informations en ce sens dévoilées par les ONG. Il y a un mois, un rapport d'Amnesty International avait pourtant prévenu : les témoignages recueillis sur place ? fondés sur des entretiens avec 41 survivants et témoins ? « évoquent des actes constitutifs de crimes contre l'humanité ». Notamment dans la ville d'Aksoum, où, le 19 novembre, une « vaste offensive des troupes éthiopiennes et érythréennes » aurait « tué et déplacé des civils par des bombardeme [...] Lire la suite