Éthiopie: la tête des leaders tigréens mise à prix

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Le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé la victoire finale des troupes fédérales il y a quelques jours, sauf qu’en réalité les combats continuent dans l’arrière-pays de la province. Dans l’incapacité de mettre la main sur les leaders du TPLF, le ministère de la Défense encourage les habitants à les dénoncer.

Avec notre correspondant à Addis-Abeba, Noé Hochet-Bodin

210 000 euros, c’est ce que recevront les citoyens qui permettent au gouvernement de localiser les leaders du parti tigréen du TPLF. Une somme colossale, qui trahit surtout les difficultés que rencontrent les autorités éthiopiennes pour arrêter les dirigeants tigréens, au premier rang desquels Debretsion Gebremichael, le président du parti et de la province.

Debretsion et ses lieutenants ont battu en retraite et quitté Mekele début décembre, ils sont injoignables depuis. Ils assuraient à l’époque vouloir combattre jusqu’à la mort depuis les montagnes du Tigré… Un sentiment de déjà vu, le TPLF a effectivement construit sa renommée sur la guérilla qu’il avait menée dans les années 1980 depuis les campagnes de la province.

De son côté, Abiy Ahmed se voulait rassurant lorsqu’il annonçait la victoire finale il y a trois semaines. Il faisait étalage des drones de surveillance qui lui permettait « de connaître avec précision les mouvements de ses ennemis en fuite ». Il faut croire que cela n’aura pas été suffisant pour les neutraliser jusqu’à présent.

Le gouvernement annonçait d’ailleurs avoir arrêté l’une des chefs de file du TPLF le 1 décembre. Presque trois semaines plus tard, la confirmation de cette arrestation se fait toujours attendre.

Ce dimanche les leaders de la Corne de l’Afrique se rencontrent à Djibouti sous l’égide de l’autorité régionale de l’IGAD. Un sommet régional important, avec au menu évidemment la crise au Tigré mais aussi les affrontements à la frontière Éthio-soudanaise ainsi que la rupture des liens diplomatiques entre le Kenya et la Somalie.