Éthiopie: le projet de dialogue national inclusif ne part pas sur de bons rails

Ce forum censé réunir toutes les forces politiques du pays ne s’est pas matérialisé depuis son annonce par le gouvernement d’Abiy Ahmed en décembre dernier. Dimanche, dix des principaux partis d’opposition ont refusé d’y participer dans les conditions actuelles. Ils accusent le Premier ministre Abiy Ahmed de vouloir confisquer un processus qu'ils jugent justement comme non-inclusif.

Avec notre correspondant à Addis-Abeba, Noé Hochet-Bodin

C’est un camouflet dont le Premier ministre Abiy Ahmed se serait bien passé, lui qui établit discrètement des contacts avec les rebelles tigréens du TPLF pour mettre un terme à la guerre dans le nord du pays.

Dix des plus grands partis d’opposition ont tourné le dos à son projet de dialogue national. Parmi eux, on retrouve notamment les poids lourds politiques des régions Oromia, Afar et Somali.

Ensemble, ils dénoncent un environnement politique toxique. Dans leur viseur en particulier, l’attitude du Parti de la Prospérité du Premier ministre, qui a fait cavalier seul au moment de nommer les commissaires et les thèmes de ce dialogue national. Le projet est donc plus que jamais au point mort.

Les dix partis ne ferment cependant pas complètement la porte. Ils exigent trois conditions préalables au dialogue : un processus plus transparent, la présence de médiateurs internationaux. Enfin et surtout, un cessez le feu dans la province du Tigré, en guerre depuis novembre 2020.


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