Éthiopie: le Premier ministre Abiy Ahmed limoge le chef de l'armée

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En Éthiopie, alors que le gouvernement fédéral a lancé le 4 novembre une offensive contre la région du Tigré, accusée de velléités sécessionnistes, le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé le remplacement du chef de ses forces militaires. Même chose pour les services de renseignement et la police fédérale.

Le général Adem Mohammed a été remercié. Cet ancien chef des services de renseignement et de sécurité (National Intelligence and Security Service, NISS) avait été nommé à la tête de l'armée, il y a un peu moins d'un an et demi, en juin 2019. Il n'a pas de nouvelle affectation pour l'heure mais il est remplacé par son adjoint, le général Birhanu Jula Gelalcha, qui devient donc le nouveau chef d'état-major.

Diplômé notamment de l'université de Greenwich au Royaume-Uni, il s'agit d'un nom bien connu. Dans les années 2000, Birhanu Jula Gelalcha a été commandant de secteur au Liberia pour l'opération de maintien de la paix de l'ONU, la Minul, dissoute depuis. De 2014 à 2016, Birhanu Jula Gelalcha a également commandé la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abiyé (la Fisnua), ville disputée par le Soudan et le Soudan du Sud. Pour les spécialistes, Birhanu Jula Gelalcha était d'ailleurs déjà le chef de facto de l'armée éthiopienne avant cette promotion.

Cabinet de guerre oromo

Il ne s'agit pas du seul changement opéré par Abiy Ahmed. Temesgen Tiruneh, qui vient de démissionner de son poste de président de l'État régional d'Amhara, hérite quant à lui de la direction des services de renseignement et de sécurité. Il remplace ainsi Demelash G. Michael qui prend pour sa part la tête de la police fédérale.

Aucune raison officielle n'a été avancée pour ces changements, mais ils sont « sans précédent » sous l'ère Abiy Ahmed, selon les spécialistes de l'Éthiopie. Pour l'un d'eux, le Premier ministre constitue ainsi son « cabinet de guerre » en s'entourant d'hommes de confiance, oromos notamment, la même ethnie que lui.

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