En Éthiopie, les journalistes oromos dans le collimateur de la justice

Après une première vague dans les milieux ultranationalistes de la région Amhara, ce sont plusieurs figures des médias oromos qui ont été appréhendés ces derniers jours, malgré la protestation de la Commission éthiopienne des droits de l'homme, un organisme semi-public.

Le président de la Commission des droits de l'homme, Daniel Bekele, ne peut à ce stade que constater la situation. Dix-neuf personnalités des médias indépendants sont en détention « illégalement » à ce jour, en dépit de ses appels à leur libération. Rien, selon lui, « ne justifie la violation de la loi sur les médias, récemment adoptée, qui interdit clairement la détention provisoire des personnes accusées d'avoir commis une infraction par le biais des médias ».

Les premiers arrêtés l'ont été le 20 mai à Bahir Dar, dans la région de l'Amhara, au cours de la vague de répression qui s'est abattue sur la frange la plus radicale du nationalisme ethnique. Puis les arrestations ont commencé à Addis Abeba avec celles jeudi 26 mai d’un célèbre directeur de magazine et d’un journaliste indépendant. Selon le média Ethiopia Insider, ils seraient poursuivis pour « incitation à la violence » et détenus dans des conditions pénibles.

Vendredi, ç'a été le tour de l'animateur d'une chaîne YouTube, et les jours suivants, c'est la police de la région de l'Oromia qui a procédé à des arrestations. Parmi les journalistes oromos détenus figurent la célèbre Muaza Muhamed de Roha TV, déjà détenue l'année dernière, puis une jeune journaliste oromo qui, elle, a finalement été libérée sous conditions ce lundi matin.

Pour l'heure, le gouvernement n'a pas fait de commentaire.


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