Éthiopie: des journalistes et des officiers de l'armée arrêtés à Addis-Abeba

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Pendant que les combats continuent dans la région du Tigré, la situation se tend également dans la capitale fédérale, Addis-Abeba. Six journalistes sont actuellement détenus « au secret », selon la Commission éthiopienne des droits de l'homme. Et dans l'armée, la télévision nationale a annoncé l'arrestation d'officiers supérieurs, accusés d'avoir collaboré avec le TPLF, le parti qui dirige la province dissidente.

Les termes employés par la télévision publique révèlent bien le climat qui règne aujourd'hui dans la capitale éthiopienne. « Dix-sept officiers militaires ont été arrêtés pour avoir créé un terrain fertile à la junte du TPLF en vue de perpétrer des attaques contre les forces de défense nationales », rapporte une dépêche datée de mercredi.

Ces officiers sont accusés de « trahison », ajoute la télévision publique citant la police fédérale, pour avoir notamment « coupé des systèmes de communication » entre le commandement du Nord (c'est-à-dire le Tigré) et le commandement central. Parmi eux, un major-général, nommément accusé d'avoir tenté d'expédier des armes à la province dissidente.

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Ces officiers ne sont pas les premiers à faire les frais du climat d’anxiété qui règne à Addis-Abeba, où une présence militaire forte pouvait être observée mercredi, rapporte notre correspondant dans la capitale, Noé Hochet-Bodin. Avant eux, 162 individus avaient été arrêtés en possession d’armes et accusés de collusion avec le parti tigréen TPLF. D’autres sources font état de mise à pied parmi les fonctionnaires tigréens de l’administration, notamment de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines.

Des journalistes sous les verrous

Par ailleurs, le président de la Commission éthiopienne des droits de l'homme Daniel Bekele a fait part de son « inquiétude » mercredi, alors que six journalistes éthiopiens sont actuellement détenus sans contact avec l'extérieur, dont le rédacteur en chef de Addis Standard, le plus grand hebdomadaire anglophone du pays.

Quatre de ces six journalistes ont été arrêtés ces dernières 24 heures : trois employés de l'agence publique EPA et un autre de la télévision Oromia Media Network de l'opposant emprisonné Jawar Mohammed. La président de la Commission des droits de l'homme réitère son exigence de « procédures régulières et équitable ».

La tension monte dans la capitale, avant les trois journées de mobilisation en soutien aux soldats qui ont été initiés par le gouvernement. Mercredi, des incidents ont eu lieu, dont une fusillade et une explosion, qui n‘aurait aucun rapport avec la situation au Tigré assure la police.